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(1)

Tomus 44 (2008), 159–171

CHAMPS DE VECTEURS ET FORMES DIFFÉRENTIELLES SUR UNE VARIÉTÉ DES POINTS PROCHES

Basile Guy Richard Bossoto et Eugène Okassa

Abstract. LetM be a smooth manifold,Aa local algebra in sense of André Weil,MAthe manifold of near points onMof kindAandX(MA) the module of vector fields onMA. We give a new definition of vector fields onMA and we show thatX(MA) is a Lie algebra overA. We study the cohomology of A-differential forms.

Résumé. On considèreM une variété différentielle,Aune algèbre locale au sens d’André Weil,MA la variété des points proches deM d’espèceAet X(MA) le module des champs de vecteurs surMA. On donne une nouvelle définition des champs de vecteurs surMAet on montre queX(MA) est une algèbre de Lie surA. On étudie la cohomologie desA-formes différentielles.

1. Introduction

On considère une variété lisseM,Aune algèbre locale (au sens d’André Weil) etMAla variété des points proches deM d’espèceA[6]. Lorsque la variétéM est de dimensionn, alorsMA est une variété lisse de dimensionn·dim(A).

On noteC(M) l’algèbre des fonctions de classeCsurM,X(M) leC(M)-mo- dule des champs de vecteurs surM.

Lorsque M etN sont deux variétés lisses et lorsque h:MN

est une application différentiable de classeC, alors l’application hA:MANA, ξ7→hA(ξ),

telle que, pour toutϕC(N), hA(ξ)

(ϕ) =ξ(ϕh)

est différentiable de classe C. Lorsque h est un difféomorphisme, il en est de même dehA.

L’ensemble, C(MA, A), des fonctions de classe C surMA à valeurs dansA, est uneA-algèbre commutative unitaire.

Classification Mathématique (2000) :Primary: 13H99; Secondary: 58A05, 58A10.

Mots-clés : variété des points proches, algèbre locale, champs de vecteurs, A-formes différentielles.

Received February 18, 2008. Editor I. Kolář.

(2)

En identifiantRA àA, pour fC(M), l’application fA:MAA , ξ7→ξ(f), est de classeC. De plus l’application

C(M)→C(MA, A), f7→fA, est un homomorphisme injectif d’algèbres. Ainsi, on a :

(f+g)A=fA+gA (λ·f)A=λ·fA (f·g)A=fA·gA avecλ∈R,f etg appartenant àC(M).

Lorsque (aα)α=1,2,...,dim(A)est une base deAet lorsque (aα)α=1,2,...,dim(A)est la base duale de la base (aα)α=1,2,...,dim(A), l’application

σ:C(MA, A)A×C(MA), ϕ7→

dim(A)

X

α=1

aα⊗(aαϕ),

est un isomorphisme deA-algèbres. Cet isomorphisme ne dépend évidemment pas de la base choisie. L’application

γ:C(M)→AC(MA), f 7→σ(fA), est un morphisme d’algèbres.

Dans toute la suite M est une variété lisse paracompacte de dimensionn.

Lorsque (U, ϕ) est une carte locale de M de système de coordonnées locales (x1, x2, . . . , xn), l’application

UAAn, ξ7→ ξ(x1), ξ(x2), . . . , ξ(xn) ,

est une bijection deUA sur un ouvert deAn. On vérifie queMAest uneA-variété de dimensionn.

L’ensemble,X(MA), des champs de vecteurs surMAest à la fois unC(MA)-mo- dule et un A- module. Ce qui signifie queX(MA) est unC(MA, A)-module.

Dans ce travail, on étudie la structure de C(MA, A)-module deX(MA). De cette nouvelle approche, on construit une structure deA-algèbre de Lie surX(MA), on définit lesA-formes différentielles et on en étudie la cohomologie.

2. Structure de A-algèbre de Lie sur X(MA)

2.1. Vecteurs tangents surMA. PourξMA, on noteTξMAl’espace tangent en ξMA et Derξ[C(M), A] l’ensemble desξ-dérivations de C(M) dans A c’est-à-dire l’ensemble des applications R-linéaires

v:C(M)→A telles que, pourf etg appartenant àC(M),

v(f g) =v(fξ(g) +ξ(fv(g)

(3)

i.e.

v(f g) =v(fgA(ξ) +fA(ξ)·v(g). Proposition 1 ([3], [4]). L’application

TξMA= Derξ

C(MA),R

→Derξ[C(M), A], v7→(idA⊗v)◦γ , est un isomorphisme d’espaces vectoriels.

Cet isomorphisme permet de transporter surTξMAla structure deA-module duA-module Derξ[C(M), A].

Ainsi :

Corollaire 2. Les assertions suivantes sont équivalentes : 1) v est un vecteur tangent en ξMA;

2) v est une application R-linéaire de C(M)dans Atelle que, pour f etg appartenant à C(M),

v(f g) =v(fgA(ξ) +fA(ξ)·v(g). Lorsque ξMA, l’application

ξe:C(MA, A)A , ϕ7→ϕ(ξ), est un homomorphisme d’algèbres. On note Der

eξ

C(MA, A), A

le A-module des ξ-dérivations dee C(MA, A) dansAc’est-à-dire l’ensemble des applications R-linéaires

w:C(MA, A)A telles que, pourϕetψappartenant àC(MA, A),

w(ϕ·ψ) =w(ϕ)·ξ(ψ) +e ξ(ϕ)e ·w(ψ). On déduit le théorème suivant :

Théorème 3. Si

v:C(M)→A

est un vecteur tangent en ξMA, alors il existe uneξ-dérivation et une seulee ev:C(MA, A)A

telle que :

1) ev est A-linéaire ; 2) ev

C(MA)

⊂R;

3) ev(fA) =v(f)pour toutfC(M).

Démonstration. Soit

v:C(M)→A un vecteur tangent en ξMA et soit

v:C(MA)→R

(4)

l’unique dérivation telle que

(idA⊗v)◦γ=v . L’application

ev= (idA⊗v)◦σ:C(MA, A)A

répond à la question.

2.2. Champs de vecteurs sur MA. On note Derγ

C(M), A⊗C(MA) le A⊗C(MA)-module desγ-dérivations deC(M) dansA⊗C(MA) i.e. l’ensemble des applicationsR-linéaires

ϕ:C(M)→AC(MA) telles que, pourf etg appartenant àC(M),

ϕ(f g) =ϕ(fγ(g) +γ(fϕ(g).

Une dérivation deC(M) dansC(MA, A) est une applicationR- linéaire Y:C(M)→C(MA, A)

telle que, pourf etg appartenant àC(M),

Y(f g) =Y(f)·gA+fA·Y(g).

Ainsi une dérivation deC(M) dansC(MA, A) est une dérivation par rapport à l’homomorphisme

C(M)→C(MA, A), f 7→fA. Il s’ensuit que l’ensemble,Der

C(M), C(MA, A)

, des dérivations deC(M) dansC(MA, A) est unC(MA, A)-module.

Proposition 4 ([3],[4]). L’application Der

C(MA)

→Derγ

C(M), A⊗C(MA)

, X 7→(idA⊗X)◦γ , est un isomorphisme de C(MA)-modules.

Il s’ensuit :

Corollaire 5. L’application Der

C(MA)

→Der

C(M), C(MA, A)

, X7→σ−1◦(idA⊗X)◦γ , est un isomorphisme de C(MA)-modules.

Cet isomorphisme permet de transporter sur Der

C(MA)

la structure de C(MA, A)-module de Der

C(M), C(MA, A) . Ainsi :

Corollaire 6. Les assertions suivantes sont équivalentes :

1) Un champ de vecteurs surMAest une section différentiable du fibré tangent (T MA, πMA, MA);

2) Un champ de vecteurs sur MA est une dérivation deC(MA);

(5)

3) Un champ de vecteurs sur MA est une dérivation deC(M)dans C(MA, A).

On déduit le théorème suivant :

Théorème 7. SiX est un champ de vecteurs surMAconsidéré comme dérivation deC(M)dansC(MA, A), alors il existe une dérivation et une seule

Xe:C(MA, A)C(MA, A) telle que

1) Xe estA-linéaire ; 2) Xe

C(MA)

C(MA);

3) Xe(fA) =X(f)pour tout fC(M).

Démonstration. SiX est un champ de vecteurs surMA considéré comme déri- vation deC(M) dansC(MA, A) et si

X:C(MA)→C(MA) est l’unique dérivation telle que

σ−1◦(idA⊗X)◦γ=X , alors l’application

Xe=σ−1◦(idA⊗X)◦σ:C(MA, A)C(MA, A)

répond à la question.

Remarque 8. SiX est un champ de vecteurs surMAconsidéré comme dérivation deC(M) dansC(MA, A), alorsXe s’annule surA.

Proposition 9. Siµ: AAest un endomorphisme, fC(M)etX: C(M)

C(MA, A)un champ de vecteurs surMA, alors X(µe ◦fA) =µX(f). Démonstration. DeX(fe A) =X(f), on a

Xeh

dim(A)

X

α=1

(aαfAaαi

=

dim(A)

X

α=1

(aαX(f)·aα. Ce qui donne

dim(A)

X

α=1

Xe(aαfAaα=

dim(A)

X

α=1

(aαX(f)·aα. AinsiX(ae αfA) = (aαX(f) pour tout (aα)i=1,2,...,dim(A). Comme

µfA=

dim(A)

X

α=1

(aαfAµ(aα),

(6)

on déduit que

X(µe ◦fA) =

dim(A)

X

α=1

Xe(aαfAµ(aα)

=

dim(A)

X

α=1

(aαX(fµ(aα) =µX(f).

D’où l’assertion.

Théorème 10. SiX etY sont deux champs de vecteurs surMAconsidérés comme dérivations de C(M) dansC(MA, A), alors le crochet

[X, Y] =Xe◦YYe◦X:C(M)→C(MA, A) est un champ de vecteurs sur MA.

Démonstration. L’application est manifestementR-linéaire. Pourf etg appar- tenant à C(M), on a

[X, Y](f g) =Xe[Y(f g)]−Ye X(f g)

=Xe

Y(f)·gA+fA·Y(g))

Ye

X(f)·gA+fA·X(g)

=Xe Y(f)

·gA+Y(f)·X(ge A) +Xe(fAY(g) +fA·Xe Y(g)

Ye X(f)

·gAX(fYe(gA)−Ye(fAX(g)fA·Ye X(g)

=Xe Y(f)

·gA+Y(f)·X(g) +X(fY(g) +fA·Xe Y(g)

Ye X(f)

·gAX(fY(g)−Y(f)·X(g)−fA·Ye X(g)

= Xe[Y(f)]−Ye[X(f)]

·gA+fA· Xe[Y(g)]−Ye[X(g)]

= (Xe◦YYe◦X)(f)·gA+fA·(Xe◦YYe◦X)(g)

= [X, Y] (f)·gA+fA·[X, Y] (g).

D’où l’assertion.

Proposition 11. Si X et Y sont deux champs de vecteurs sur MA considérés comme dérivations de C(M)dansC(MA, A)et siϕC(MA, A), alors

[X,e Ye] =[X, Y^] et

ϕX =ϕ·X .e Démonstration. PourfC(M), on a

X,e Ye

(fA) =Xe Ye(fA)

Ye Xe(fA)

=Xe Y(f)

Ye X(f)

= (Xe◦YYe◦X)(f) = [X, Y] (f).

(7)

Comme [X, Y^] est l’unique dérivation de C(MA, A) telle que [X, Y^](fA) = [X, Y] (f) pour toutfC(M), on déduit que

[X,e Ye] =[X, Y^]. De même

(ϕ·X)(fe A) =ϕ·(X)(fe A) =ϕ·X(f) = (ϕ·X)(f).

Comme ϕX est l’unique dérivation de C(MA, A) telle que (ϕX)(fA) = (ϕ·X)(f) pour toutfC(M), on déduit que

ϕX =ϕ·X .e

D’où les deux assertions.

Proposition 12. Si ϕC(MA, A), si X et Y sont deux champs de vecteurs sur MA considérés comme dérivations de C(M)dansC(MA, A), alors

[X, ϕ·Y] =Xe(ϕ)·Y +ϕ·[X, Y]. La démonstration ne présente aucune difficulté.

Théorème 13. L’application

X(MA)×X(MA)→X(MA), (X, Y)7→[X, Y],

est A-bilinéaire alternée et définit une structure deA-algèbre de Lie surX(MA).

Démonstration. LorsqueX est un champ de vecteurs surMA considéré comme dérivation deC(M) dansC(MA, A) et lorsque aA, on a

[X, a·Y] =Xe(a)·Y +a·[X, Y]. CommeXe s’annule surA, il s’ensuit que l’application

X(MA)×X(MA)→X(MA),(X, Y)7→[X, Y] est A-bilinéaire alternée.

Pour tous champs de vecteursX, Y,Z surMA considérés comme dérivations deC(M) dansC(MA, A), on a :

(8)

X,[Y, Z]

+

Y,[Z, X] +

Z,[X, Y]

=Xe◦[Y, Z]−^[Y, Z]◦X +Ye◦[Z, X]−[Z, X^]◦Y +Ze◦[X, Y]−[X, Y^]◦Z

=Xe◦(Ye◦ZZe◦Y)−[Y ,e Z]e ◦X +Ye◦(Ze◦XXe◦Z)

Z,e Xe

Y +Ze◦(Xe◦YYe◦X)−

X,e Ye

Z

=Xe◦Ye ◦ZXe◦Ze◦YYe ◦Ze◦X+Ze◦Ye◦X +Ye◦Ze◦XYe◦Xe◦ZZe◦Xe◦Y +Xe◦Ze◦Y +Ze◦Xe◦YZe◦Ye ◦XXe◦Ye◦Z+Ye◦Xe◦Z

= 0.

D’où l’assertion.

Remarque 14. En considérantX(MA) uniquement comme module surC(MA), X(MA) ne peut être une algèbre de Lie surA.

Corollaire 15. L’application X(MA)→Der

C(MA, A)

, X 7→X ,e

est à la fois un morphisme deC(MA, A)-modules et un morphisme de A-algèbres de Lie.

2.2.1. Prolongements àMA des champs de vecteurs surM. Proposition 16. Si

θ:C(M)→C(M) est un champ de vecteurs sur M, alors l’application

θA: C(M)→C(MA, A), f 7→[θ(f)]A, est un champ de vecteurs sur MA.

Démonstration. L’application θA est manifestement R-linéaire. Pour f et g appartenant àC(M), on a :

θA(f g) =

θ(f g)A

=

θ(fg+f·θ(g)A

= θ(f)A

·gA+fA· θ(g)A

=θA(f)·gA+fA·θA(g).

AinsiθA est un champ de vecteurs surMA.

On dit que le champ de vecteursθA est le prolongement àMA du champ de vecteursθ surM.

(9)

Proposition 17. Si θ, θ1 et θ2 sont des champs de vecteurs sur M et si fC(M), alors

1+θ2)A=θA1 +θ2A; (f ·θ)A=fA·θA; (f^·θ)A=fA·θfA; θA1, θA2

= [θ1, θ2]A . et l’application

X(M)→Der

C(MA, A)

θ7→θfA, est un homomorphisme d’algèbres de Lie réelles.

La démonstration ne présente aucune difficulté.

2.2.2. Champs de vecteurs surMA provenant des dérivations de A.

Proposition 18. Sidest une dérivation de A, alors l’application d:C(M)→C(MA, A), f 7→(−d)◦fA, est un champ de vecteurs sur MA.

Démonstration. On vérifie que l’applicationdestR-linéaire. Pourf etg appar- tenant à C(M) et pourξMA, on a :

d(f g)(ξ) = (−d)◦(f g)A(ξ) = (−d)◦(fA·gA)(ξ) = (−d)

fA(ξ)·gA(ξ)

= (−d) fA(ξ)

·gA(ξ) +fA(ξ)·(−d) gA(ξ)

=

(−d)◦fA

(ξ)·gA(ξ) +fA(ξ)·

(−d)◦fA (ξ)

= (

(−d)◦fA

·gA+fA·

(−d)◦fA )(ξ)

=

d(f)·gA+fA·d(g) (ξ). Commeξest quelconque, on déduit que

d(f g) =d(f)·gA+fA·d(g).

Ainsi,d est un champ de vecteurs surMA.

On dit que le champ de vecteursd est le champ de vecteurs surMA associé à la dérivationddeA.

On a les résultats suivants :

Proposition 19. Sid1,d2,d sont trois dérivations deA,aun élément de A et θ: C(M)→C(M)un champ de vecteurs sur M, alors

[d1, d2] = [d1, d2]; (a·d)=a·d; d, θA

= 0.

(10)

Démonstration. La démonstration des deux premières assertions ne présente aucune difficulté.

Pour la dernière assertion, lorsquefC(M) on a

[d, θA](f) = (deθAθfAd)(f) = (deθA)(f)−(θfAd)(f)

= (de)[θA(f)]−(fθA)[d(f)] = (de) [θ(f)]A

−(fθA)[d(f)]

=d[θ(f)] + (θfA)[d◦fA] = (−d)◦[θ(f)]A+ (fθA)[d◦fA]. Compte tenu de la Proposition 9, on a

(fθA)[d◦fA] =dθA(f).

Ainsi

[d, θA](f) = (−d)◦[θ(f)]A+ (fθA)[d◦fA] = (−d)◦θA(f) +dθA(f) = 0. Commef est quelconque, on déduit que [d, θA] = 0.

3. A-formes différentielles

UnA-covecteur enξMAest une forme linéaire sur leA-moduleTξMA. L’en- semble,TξMA, desA-covecteurs en ξMA est unA-module libre de dimension net

TMA= [

ξ∈MA

TξMA

est une A-variété de dimension 2n. L’ensemble, Λ1(MA, A), des sections diffé- rentiables de TMA est unC(MA, A)-module et on dit que Λ1(MA, A) est le C(MA, A)-module des A-formes différentielles de degré 1.

Pour p∈N et pourξMA, on note Lpalt(TξMA, A) le A-module des formes multilinéaires alternées de degrépsur leA-moduleTξMA. On a évidemment

L0alt(TξMA, A) =A .

Comme dans le cas réel, pour deux entiers petq, on définit le produit extérieur Λ :Lpalt(TξMA, A)× Lqalt(TξMA, A)→ Lp+qalt (TξMA, A),(α, β)7→αΛβ . L’ensemble

Ap(TMA, A) = [

ξ∈MA

Lpalt(TξMA, A)

est une A-variété de dimension n+Cnp. L’ensemble, Λp(MA, A), des sections différentiables deAp(TMA, A) est unC(MA, A)-module. On dit que Λp(MA, A) est leC(MA, A)-module des A-formes différentielles de degrépsurMA et que

Λ(MA, A) =

n

M

p=0

Λp(MA, A)

est l’algèbre desA-formes différentielles surMA. L’algèbre Λ(MA, A) desA-formes différentielles surMA est canoniquement isomorphe àA⊗Λ(MA). On a

Λ0(MA, A) =C(MA, A).

(11)

Théorème 20([2],[5]). Si η est une forme différentielle de degrépsurM, alors il existe uneA-forme différentielle de degrépet une seule

ηA:X(MA)×X(MA)× · · · ×X(MA)→C(MA, A)

telle que, pour p champs de vecteurs θ1, θ2, . . . , θp sur M et pour p fonctions f1, f2, . . . , fp sur M,

ηA(f1A·θ1A, f2A·θA2, . . . , fpA·θAp) =f1A·f2A·. . .·fpA·

η(θ1, θ2, . . . , θp)A . Lorsque ηest une forme différentielle sur M, laA-forme différentielleηA est le prolongement àMA de la forme différentielleη.

3.1. LadA- cohomologie. L’application

Λ(M)→Λ(MA, A), ω7→ωA, est un morphisme de R-algèbres graduées.

Si

d: Λ(M)→Λ(M) est l’opérateur de différentiation extérieure, on note

dA: Λ(MA, A)→Λ(MA, A) l’opérateur de cohomologie associé à la représentation

X(MA)→Der

C(MA, A)

, X 7→X .e

Proposition 21. L’application

dA: Λ(MA, A)→Λ(MA, A) est A-linéaire et

dAA) = (dω)A pour toutω∈Λ(M).

(12)

Démonstration. On vérifie quedAestA-linéaire. Siω∈Λp(M), pourθ1, θ2, . . . , θp+1 champs de vecteurs surM, on a

[dAA)](θA1, θA2, . . . , θp+1A ) =

p+1

X

i=1

(−1)i−1θfiA

ωA1A, θA2, . . . ,θciA, ..., θp+1A )

+ X

1≤i<j≤p+1

(−1)i+j ωAiA, θjA], θ1A, . . . ,θcAi . . . ,θcAj, . . . , θp+1A

=

p+1

X

i=1

(−1)i−1θfAi

(ω(θ1, θ2, . . . ,θbi, . . . , θp+1))A

+ X

1≤i<j≤p+1

(−1)i+j ω([θi, θj], θ1, . . . ,θbi. . . ,θbj, . . . , θp+1)A

=

p+1

X

i=1

(−1)i−1θAi

ω(θ1, θ2, . . . ,θbi, . . . , θp+1)

+ X

1≤i<j≤p+1

(−1)i+j ω([θi, θj], θ1, . . . ,θbi. . . ,θbj, . . . , θp+1)A

=

p+1

X

i=1

(−1)i−1 θi[ω(θ1, θ2, . . . ,θbi, . . . , θp+1)]A

+ X

1≤i<j≤p+1

(−1)i+j ω([θi, θj], θ1, . . . ,θbi. . . ,θbj, . . . , θp+1)A

= (dω)AA1, θA2, . . . , θAp+1) =

(dω)(θ1, θ2, . . . , θp+1)A . Compte tenu du théorème 20, on déduit quedAA) = (dω)A. L’application

A×Λ(M)→Λ(MA, A), (a, ω)7→a·ωA

estR-bilinéaire et induit un morphisme du complexe différentiel A⊗Λ(M),idA⊗d dans le complexe différentiel Λ(MA, A), dA

.

On noteHdR(M) la cohomologie de de Rham de la variété différentielleM et H(MA, A) la cohomologie du complexe différentiel Λ(MA, A), dA

.

On dit queH(MA, A) est ladA-cohomologie sur la variété des points proches MA. Les espaces AHdRp (MA) etHp(MA, A) sont canoniquement isomorphes.

En particulier si la variétéMAest connexe, alors l’espaceH0(MA, A) s’identifie canoniquement à A.

Références

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(1953), 111–117.

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Université Marien Ngouabi, Faculté des Sciences Département de Mathématiques

B.P. 69 - Brazzaville, Congo

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