Le recueil de données dialectales : enjeux et difficultés
Jean-Pierre LAI Univ. Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble INP*, GIPSA-lab, 38000 Grenoble, France
* Institute of Engineering Univ. Grenoble Alpes
F l a m b e a u v o l . 4 5 2 0 1 9 , p .1 5 - 2 9 .
Ma n u sc r i p t r e c e iv e d ( 2 0 2 0 -0 1 - 0 6 ) Ma n u s c r i p t a c c e p t e d (2 0 2 0 - 0 1 - 0 9 )
R é s u mé
T h i s a r t i c l e fo c u se s o n o n e o f t h e c ru c i a l i s su e s w h e n c o n d u c t i n g d i a l e c t o l o g i c a l f i e l d w o r k : h o w t o c o l l e c t n a t u r a l d a t a d e sp i t e t h e e x i s t e n c e o f t h e re c o rd i n g e q u i p m e n t a n d t h e u n e a s i n e s s c a u s e d b y th e a t m o sp h e r e w h e n t h e in t e r v i e w i s c o n d u c t e d a t h o m e . R e se a r c h e r s s t r u g g l e t o e l a b o r a t e in t e r v i e w s t r a te g i e s i n o rd e r t o e l i c i t n a t u ra l c o n v e r s a t i o n . T h u s, n a t u ra l c o rp u s w i l l b e o b t a i n e d i n a s i t u a t i o n w h i c h i s n o t a c t u a l l y " n a t u r a l . "
T h i s s i t u a t i o n i s e sp e c i a l l y e n c o u n t e re d b y r e s e a rc h e r s in t h e f i e l d o f p ro s o d y.
K e y w o r d s
d i a l e c t o l o g y, e l i c i t a t i o n , f i e l d i n v e s t i g a t i o n , n a t u r a l i t y, p ro s o d y
© F l a m b e a u 4 5 ( 2 0 1 9 ) p p . 1 5 – 2 9 .
1 8 3 - 8 5 3 4 F r e n c h S e c t i o n , To k y o U n i v e r s i t y o f F o r e i g n S t u d i e s , 3 - 11 - 1 A s a h i - c h o F u c h u C i t y, To k y o
T h i s w o r k i s l i c e n s e d u n d e r t h e C r e a t i v e C o m m o n s A t t r i b u t i o n L i c e n s e .
1. Introduction
Le sujet que l’on abordera ici est très délicat car il touche au problème que tout chercheur et s urtout dialectologue a rencontré dura nt ses enquêtes de terrain, je veux par ler du recueil de d onnées que l’on espère le plus naturel possible mais dont l’obtention requiert pourtant un corpus ad hoc. Nous profiterons de cette occasion pour présenter brièvement le projet international AMPER (Atlas Multimé dia Prosodique de l’Espace Roman) qui nous a amener à aborder ce thème fondamental du recueil de donnée s dialectales.
La difficulté est particulièrement intense pour toute recher che liée à la prosodie. En eff et, une étude relative à la prosodie d’une langue doit être au plus prêt de la r éa lité or nous savon s bien que si l’on enregistre de f aço n indirecte un locuteur avec un micro c aché par exemple, la qualité du son ne sera pas optimale e t l’analyse phonétique en subira les c onséquences.
Évidemment, c’est la première méthode à laquelle on pense en débutant ce genre de recherche : on va sur le lieu d’enquête on trouve un locuteur et on le fait parler longuement, pendant ce t emps un enregistre ur caché immortalise la langue étudiée. Ce type de méthode a une limite liée à l’étude phonétique, car cette de rnière r equiert un son parf ait nécessitant tout une série de critère s précis : un environnement consonantique particulier qui va permettre un découpage sonore très précis des voyelles - lieu privilégié de l’intonation - et par conséquent un corpus adapté (ad hoc). Quant au locuteur il doit réponde aussi à de s critères comme la parfaite connaiss ance de la langue e t une bonne dentition afin d’éviter là aussi des ratés au niveau de la prononciation.
Une fois posé tous ces critères indispensables à ce genre d’enquête, nous sommes confrontés à la réalité locale, c’est à dire co mment fait-on pour recueillir le corpus de travail ?
C’est ce que l’on nomme l’élicitation des données, autrement dit, l’obtention des données de la part de l’informateur, qui semblent être prononcées et relatées de manière tout à fait naturelle et spontanée, mais à travers un corpu s spécialement établi pour l’enquête.
2. Naissance du pr ojet AMPER
Afin d’exposer notre étude nous allons prendre comme base une petite partie de notre thèse doctorale (Lai, 2002). Cette dernière portait sur l’intonation d’un parler sarde, celui de la ville de Nuoro (partie centrale de l’île e t représentatif de la langue sarde la plus traditionnelle).
Cette thèse, associée à deux autres, toutes trois soutenues à l’Université de Grenoble (la pre mière sur l’intonation du fran coprovençal par S.
Roullet (1999) ; la seconde sur l’intonation du Salento (Italie) par A. Romano (1999). Ces trois thèses ont donné naissance au p rojet AMPER (Atlas Multimédia Prosodique de l’Espace Roman) lancé par le prof. Michel Contini au début des année s 2000. À ce jour, ce projet parti de la vieille Europe a fini par rejoindre une grande partie de l’Amérique Latine (Brésil, Cuba, Chili, Vénézuela, A rgentine, Bolivie, Costa Rica, Guatemala, Mexique, Honduras, Pérou, Équateur, République Dominicaine, Uruguay et espagnol des États Unis : Texas), 35 universités sont impliquées, près de 200 chercheurs et plus de 300 articles ont déjà été publiés.
Le Projet AMPER est né des connaissances insuffisantes et lacunaires des systèmes prosodiques des langues romanes et des mé thodes d’analyse et d’interprétation de s données complètement diverses d ’où l’impossibilité d’établir des études contrastives. Cet écueil nous a amené à créer une méthodologie d’en quête commune qui sert désormais de base protocolaire à tous les autres membres de ce projet dans le monde. Le choix de cette méthodologie est délibéré car pratiq uement tous les travaux cités dans la littérature portent sur des langues standards ou s’appuient sur des corpus issus de la télévision ou de la radio, voire sur des extraits de parlé lu et donc non naturel. L’objectif du projet est la création de bases de données interactives c’ est à dire permettant d’entendre les phrase s demandées et les modalités en les comparant ensuite av ec les graphiques correspondants mais également de connaître le lieu exact de l’énoncé dans lequel se situe le ou les éléments porte urs d’informations prosodiques (en début, à l’initiale absolue, à la frontière majeure ou mineure, en fin d e ph rase…). Ceci grâ ce aux paramètres physiques étudiées (F0, durée et intensité).
Toutes les enquêtes se font sur le terrain, le choix idéal des informateurs est ce lui de 2 hommes et 2 femmes par point d’enquête (avec si possible, un niveau d’étude élevé et un second locuteur sans éducation - ce qui est plus compliqué pour l’Europe occidentale - ceci représente le souhait idéal qui n’est pas toujours simple à respecter). Pour ce faire, nous utilisons des corpora différ ents : le premier dit ad hoc doit être identique à tous du moins syntaxiquement, nous avons privilégié alors la séquence SVO qui existe dans pratiquement tout le domaine de la Romania, même si quelques fois ce n’est pas la plus usitée. L’an alyse instrumentale est basée sur des programmes spécifiques créés à l’origine à Grenoble par A. Romano (aujourd’hui profes seur à l’Université de Turin) à l’aide d ’un environnement Matlab et simplifiés par la suite par A . Rilliard (Cherche ur au Limsi, CNRS- UPR3251- Paris). À ce stade, la critique majeure que l’on peut nous faire est
notre re cherche d e naturalité mais au travers de corpus de laboratoire.
3. La méthodologie de l’enquête de terrain : 3. 1. La constitution du corpus fixe
Un choix drastique a été imposé à tous les membres du projet : aucu n enregistrement n’est pris sur le vif, à cause de la qualité et de l’analyse peu sûre des données ( présence de bruits de fond par exemple). N’oublions pa s qu’une analyse prosodique est avant tout une analyse phonétique, ces contraintes sont donc nécessaires et justifiées. Pour cette même raison toute émotion particulière est proscrite, nous sommes véritablement à la recherche du Graal soit une « spontanéité naturelle » soumise au passage obligé d’un corpus imposé. Notre démarche repose ainsi sur un parad oxe : proposer une liste d’énoncés quelquefois incohére nts (au vu des contraintes syllabique s imposées) et obtenir de la part de nos informateurs une prononciation tout à fait naturelle.
La création d’un co rpus fixe ad hoc permettra une segmentation manuelle des voyelles (lieu privilégié de l’intonation) mais pour ce faire il faut que l’environnement consonantique soit aussi spécifique, a utrement dit si le s voyelles sont entourées d’occlusives sourdes le résultat de la segmentation en sera facilité. Nous connaissons la difficulté d’e xtraire les schémas prosodiques d’une langue à partir d’un corpus libre : il faut donc passer par un corpus expéri mental. Nous sommes conscient que cela est un cadr e idyllique, au final nous restons confr ontés à la réalité de la langue étudiée . Le corpus fixe sera finalement le socle des futures comparaisons des parlers romans. La structure syntaxique :
S + V + O S + Adj + V + O S + V + O + Adj
L’expansion (qui e st double dans notre thèse (Lai, 2002) a été réduite à une seule afin d’alléger la quantité de données) sert à vérifier si l’ajout d’un élément aux frontières majeures va modifier le substantif d’un point de vue intonatif (mesures des paramètres F0, durée, intensité). L’idée est aussi liée au déplacement des éléments de l’énoncé à droite et à gauche du Verbe afi n de relever tout indice prosodique pertinent. En outre, il est primordial d’utiliser tous les types ac centuels e xistants dans chaq ue dialecte (dans l a majorité des cas nous choisissons des oxytons, paroxytons et proparoxytons).
En outre, afin d’av oir des valeurs statistiques minimales nous faisons répéte r 3 fois chaque phras e du corpus. Exemples en sarde (dial ecte de Nuoro) :
- sa p’ipera tocca s a ter ’acca (la couleuvre touche la domestique)
- sa p’ipera pi’tsocca tocca sa ter ’ac c a (la couleuvre pe tite touche la domestique)
- sa p’ipera tocca s a ter ’aca pits’occa
- sa ter ’acca tocc a sa p’ipera (la domestique touche la couleuvre)
- sa ter ’acca pits’occa tocca sa p’iper a …
Lorsqu’on travaille sur du parlé de laboratoire - sans être obligatoirement privé de spontanéité - il faut tenir compte des variable s possibles liées à l’adoption de différentes pratiques de questionnement. Il devient alors possible de renoncer à l’approfondissement de quelques aspects, en choisissant de structurer le corpus à partir de :
- logatomes (utile s pour la réalité acoustique mais inexistants dans le patrimoine linguistique de réf érenc e du locuteur) ;
- listes de mots isolés (ils comportent des réalisations accentuelle s particulières et non assimilables à cell es obtenues en prononçant des énoncés entiers) ;
- listes de phrases structurellement différentes ;
- productions libre s (fables, légendes, récits de vie, etc) ; - situations dialogiques guidées (Map Task).
Des solutions ont été élaborées afin de contourner certain es de ces difficultés, comme celle sur la normalisation temporelle de la fréquence intra et inter- individuelle, en do nnant un contour type de F0, car le p roblème crucial est bien celui de la no rmalisation. Une d es démarches possibles est perceptive, basée sur des critè res linguistiques ( phrase perçue comme la plus neutre o u la plus naturelle). Ce système, appare mment infaillible, devient trop pesant pour un corpus com portant des centaines de phrases : et p ar manque de temps le chercheur se fier a encore à son oreille et à son sens per ceptif pour accord e r un crédit à la n aturalité de la phrase. Pour contourner ce s difficultés une de s solutions est de pré parer des tests de validité, ou de contrôle de la perception ou, carrément, proprioceptifs.
3. 2. Les techniques d’élicitation des données
Une solution consiste à confronter l e corpus lu, ad hoc, et le parlé spontané, obtenu en cachant le microphone. Le principal défaut de cette dernière méthode est la qualité méd iocre des données (dû à l’obstacle
physique imposé au son). C’est sans doute pour ce motif que la recherch e du compromis entre l’acquisition de la parole naturelle, mais sans le contrôle des paramètres acoustiques et la parole non spontanée, mais avec une qualité technique de laboratoire, a donné naissance à un système interactif à trave rs l’utilisation, de la part des deux protagonistes de l’e nquête, d’une carte figurative (le M ap-Task). Le but du corpus Map Task e st de dév elopper u n dialogue spontané entre deux person nes. Le principe d e ce nouveau genr e d’enquête consiste à disposer devant chaque participant un parcours dessiné avec divers objets reprenant les éléments du corpus fixe. Chaque parcour s diffère légèrement mais les participan ts ne voient pas la carte du voisin (voir Fig. 1). Il appartie nt au premier locuteur de décrire le parcours tracé sur le plan et au second d’en vérifier le tracé sur sa propre cart e et de signaler les différences. Cela va permettre, surtout, de stimuler la discussion et d e provoquer une prononciation plus spontanée des principaux éléments de ce corpus qui vont tous émerger de cette conversation. Cette technique a l e double avantage de contrôler la production orale que l’on entend recueillir et permet aussi de détourner l’attention des locuteurs qui oublient ainsi le microphone et tout le stress qu’un enre gistrement produit, la spontanéité n’en devient que meilleure.
Fig. 1. Ex e m p l e d e Ma p Ta s k su r l a l a n g u e s a r d e u t i l i s é d a n s L a i ( 2 0 0 2 )
Nous avons déjà expliqué qu’au moment de l’enregistrem ent, nous évitons la situation de lecture puisqu’elle impliquerait une prosodie avec de s
caractéristiques bien spécifiques (no tamment l’écras ement de la fr équenc e qui se cr ée en lisa nt un texte, d’où une certaine monotonie qui apparaît ou au contraire - dan s l’idée de r endre très vivante la lec ture - l’installation d’un jeu très théâtr al). Nous retrouvons dans la littérature la description de ce phénomène : p our Guaïtella (1992 : 222) : « la comparaison entre l’intonation des énumérations en lecture et en parole spontanée a perm is d’établir que ces fo rmes d’oral étaient régies par des proc essus de production différents, desquels découlent des systèmes intonatifs ég alement différents ».
Par ailleurs, la diff érence entre les de ux modes d’énonciation, le spontané e t la lecture, n’a pas toujours été marqué e comme l’a justement souligné Sabio (1996), qui rappelle que les termes de prosodie et de prosodie de la lecture ont fini par deveni r des synonymes. Et contre cette tendance aussi fâcheus e I. et J. Fónagy (1983 : 181) avaient déjà pris position : « En parlant de telle particularité proso dique du fran çais contemporain, il est indispensable d e préciser à quel type de discours s’applique l’observation […] et avant tout s’il s’agit d’un genre spontané ou bien de la lecture d’un texte. Le contraste entre l’intonation de la parole et de la lecture […] nou s permet d’entendr e au bout de quelques mots que le locu teur invisible lit son texte, même s’il prétend improviser ». Sabio (1996) pr écise que l’intérêt des linguistes pour la méthode de la le cture oralisée ne p orte pas sur le style linguistique mais sur la compétence. Effectivement, d’un point de vue c homskyen il semble évident que l’adoption de la lecture co mme base de travail ne met en évidence que la « compétenc e » et non « la perf ormance » du locuteur.
D’autre part, le problème de l’effic a cité du parlé de la boratoire est repris e par Hirst & Di Cristo (1998 : 43) en ces termes : « An obvious question which needs to be answer ed is how far does variability in these conditions ? ».
Quelques résultats intéressants d’une comparaison ent re parlé lu et parl é spontané, reportés dans l’œuvre dé jà cité de Savino & Refice (1997), démontrent que les différences de distribution et de réalisation des frontières significatives prosodiques contribuent de façon significative aux différenc e s perçues entre p aro le lue et parole s pontanée. D e plus les mêmes auteur s (Savino & Refice (1997 : 79) observe nt que de façon ré currente on associe au parler spontané l’utilisation de va riétés régionales ou de dialectes mais l’italien standard pour le parler lu : cela a empêch é, jusqu’à présent, l’obtention de résultats comparables à partir de c orpus de structur es analogues. Pour te nter de contourner cet obstacle, Avesani &Vayra (1992 : 378) ont choisi de faire appel à un acteur professionnel, visant à satisfaire une demande maximale de naturalité expressive pure dans des conditions de laboratoire intrinsèquement non naturelles, et à obtenir une parfait e prononciation « standard ». Le recours à un corpus de par lé spontané au rait,
au contraire, pr ése nté des pauses, de s hésitations et surtout des variation s intra-individuelles entre un langage hypo et hyper-a rticulé (H et H). Ce s phénomènes du parler on-line récla ment en réalité une analyse à d’autr es niveaux comme la syntaxe ou la pragmatique, prenant en compte aussi toutes les formes de communication non ver bale.
Le déroulement de l’enquête doit être soumis à une attention rigoureuse, en veillant également à la naturalité des énoncés prononcés. En outre, il est primordial de rejeter toute lecture c ontinue du corpus car cette méthode, évidemment plus simple, dénature les structures intona tives d’une langue.
Dans le même espr it, en Italie notam ment, de nombreux travaux exploitent des journaux télévisés ou radiophoniques (donc très marqués prosodiquement) en guise de parlé spontané, ou plus fréquemment sur des extraits de parlé lu. À ce propos, comme le souligne Guaïtella (1992 :222), si ces deux formes or ales sont gouverné es par des productions différ entes leurs systèmes intonatifs le sont également en conséquence. Elles se différ encient aussi de part leurs pauses et leurs vitesses d’élocution.
Traditionnellement, lors des enquête s dialectales de t errain sur le lexique, il est d’usage de ne pas solliciter directement l’informateur à fournir le nom de l’objet du corpus pour éviter une influence trop importante de la langue nationale dans ses réponses. Le risque de p roduire une forme dialectale altérée est élevé, c’est la raison pour laque lle il faut toujours opérer un questionnement indirect. O r, vu la spécificité de notre corpus, composé de plusie urs phrases d’une structure syntaxique particulière, cela est beaucoup plus compliqué et nous a obligé à opter pour les différente s stratégies suivantes. La première mé thode testée, qui a donnée ses fruits, consiste à présenter au locuteur des images ou des objets, dans un ordre précis, correspondant aux mots du corpus fixe. On demande trois répétitions de la même phrase afin d’être sûr de disposer, au moment de l’analyse, d’un nombre significatif de phrases compar ables. Évidemment les premiers essais ne sont pas toujours concluants, mais très vite l’informateur mémorise les structures des phra ses à prononcer. Cette solution ne s’avère pas toujours efficac e, mais elle assure une prononc iation qui n’appart ient qu’au locuteur et qui n’est pas soumise à une certain e influence de la part de l’enquêteur.
Le contournement de l’élicitation directe nous a pouss és à explorer de nouvelles techniques d’enquête. Ainsi, il existe une au tre possibilité, cell e de présenter le corpus sur un ton régu lier et monotone afin que la répétition de l’informateur soit totalement dén uée de toute forme d’écho et donc d’imitation (Espuny, 1997).
Une autre pratique , adoptée lors de nos enquêtes en Sardaigne consiste à exiger de la part de l’informateur de re prendre en sard e tous les éléments que
nous venons de prononcer en italien avec un ton neutre. Même si cela parai t difficile à admettre, car en principe un locuteur devrait posséder sa propre intonation, le risque de le voir s’approprier celle d’un village voisin - ca r plus prestigieuse - est bien réel. D’ où la néc essité de bien connaître le dialecte étudié ou de toujours avoir un second locuteur dialectophone qui contrôle la justesse des énoncés prononcés.
Enfin, en cas extrê me, si vraiment le l ocuteur ne parvient pas à suivre les consignes, il est possible de tenter de lui faire lire la phrase à prononcer : cependant, il est préférable d’éliciter uniquement une phrase à la fois plutôt que le corpus entier, en imposant la mémorisation et, seulement après un certain laps de temps, enregistrer l’énoncé. Ceci doit rester exceptionnel, et si vraiment le locuteur rencontre trop de difficultés, il est souhaitable de s’adresser à une a utre personne. En réalité le dialectologue reste partagé entre sa raison qui est l’étude de la la ngue naturelle, menée sur le terrain, et les procédés utilisés pour acquérir un corpus de m ots ou de phr ase s exploitables.
4. Sur l’intonation naturelle
4 . 1 . l e c h o i x d u l o c u t e u r
Il va s’en dire que la vigilance de l’e nquêteur doit être de tout instant : par exemple certaines personnes qui au dé part semblaient par faitement disposées à participer ave c e nthousiasme à notre enquête ont défai lli devant le micro.
Ajoutons que la fat igue s’installe très vite che z l’informateur et c’est alors une prosodie trop connotée, de type récitation ou de lecture qui peut apparaître.
Nous sommes ici dans le choix du locuteur idéal : la rec herche de locuteur s représentatifs est un des points délicats d’une telle étude car trouver un locuteur répondant aux critères posés avant le départ sur le terrain n’est que le prélude de l’enq uête. En eff et, une fois sélectionné l’informateur, nous lui soumettons les objectifs de notre rec herche et les exige nces qui expliquent le cara ctère parfo is insolite des phrases du corpus. Or nous ne savons toujours pas, à ce moment précis, quelle sera la part de naturalité de l’informateur.
À la fin du siècle dernier, durant les premières enquêtes dialectales menée s par Gilliéron & Edmont, le critère de sélection était surtout représenté par le niveau socioculturel. Ces derniers avaient choisi d’ailleurs des locuteurs scolarisés et, pour une de ses enquêtes, Edmont signale que seuls trois hommes sont illettrés et que les femmes (60 sur un total de 700 personnes) étaient appelées comme second témoin.
Au fur et à mesure , nous nous sommes rendu compte que, même s’il s’agit d’un problème relevant de l’étique, il est indispensable que le chercheur donne une évaluation de l’informateur.
Aujourd’hui les principaux critères de sélection des informateurs sont donc multiples et strictement liés aux objectifs à atteindre : le niveau d’étude, la classe sociale d’ap partenance, la r égion d’origineetc. M ais ces critères ne correspondent pas à ce que l’on ente nd par spontané et naturel. En outre, l’essentiel des rec herches portant sur l’intonation de l’italien standard o u régional s’appuie soit sur un corpus télévisé ou radiophonique, soit plus fréquemment sur un corpus lu. Mais la contradiction entre le but de la recherch e, c’est à dire l'étude de la langue quotidienne, et les méthodes utilisées pour obte nir un corpus de mots, sera toujours un dilemme pour le dialectologue. Ainsi pour Gilliéron : « Le questionnaire […] pour être sensiblement meilleur aurait dû être fait après l’enquête ». Et pour Straka (1981 :161) : « un phonéticien peut ne pas être diale ctologue, bien que l’observation de faits dialectaux s oit d’une extrême utilité pour tout chercheur en phoné tique ; en revanche un dialectologue doit nécessairement être phonéticien ».
Il est toutefois nécessaire de souligner le fait que l ’informateur, n’étant pas habitué à ce g enre d’ enquête linguistique, peut manifester de s difficultés à produire immédiatement la phrase de façon naturelle. Il nous est arrivé également de travailler avec un informateur, qui, au lieu de prononcer naturellement le co rpus, tentait de retr ouver une intonation authentique à ses yeux, « comme on prononçait autrefois ». Si l’on jette un regard sur la littérature conc ern ant le rapport entre l’informateur et le chercheur et surtout celui entre la méthode d’enquête et le résultat obtenu, on ne peut qu’e n constater sa pauvreté. Nous nous réf érerons ici à l’article de Carpitelli &
Iannàcca ro (1995) dans lequel les auteurs ont su mettre en évidence, d’un point de vue méthodologique et théorique, les difficultés rencontrées a u cours des enquêtes sur le terrain et c omment le cher che ur doit aller au-d elà de son « ethnoce ntrisme » et reco nnaître ainsi les efforts fait par l’informateur : « sollecitato spesso a compiere difficili processi di traduzioni culturale […] senza, per di più averne la specifica preparazione, che anzi dovrebbe essere pa rimonio di chi si a ccinge alla ricerca » (p. 109-110).
Au moment de l’enquête, quel que soit l’objectif à atteindre, on doit se confronter à un problème crucial : la requête a-t-el le été parfaitemen t formulée ? Autrement dit, face aux d iverses réalisations inter-individuelles et intra-individuelles (idiolecte) qui s’écartent du rés ultat escompté, le chercheur doit ac cepter les donnée s recueillies, même lorsqu’elles ne répondent pas aux nécessités de l’e xpérience - et cel a toujours avec u ne
grande humilité - quitte à les utiliser dans des buts différents de ceu x prédestinés.Toutef ois, les résultats relevés sont quelquefois désastreux, les intonations se rév élant totalement faus ses, de type didactique, «histrionique»
ou même «martial» (Romano, 1997), même si le locuteur est convaincu de la spontanéité de ses productions. Cep endant, ces variantes stylistiques ne peuvent être assimilées à des modifications purement quantitatives, comme l’affirme justement Ladd (1996 : 265) : « […] if we instruct speakers to sound angry or surprised or bored or whatever, we may get a variety of other effects (on speech rate, on voice quality, and possibly on the tune itself), so that we cannot be s ure that we are de a ling with « the same » contour […] we would expect a s peaker ’s target sc aling in a normal speaking voice to correlate with his or her own target scaling scaling with a raised or lowere d voice ».
5. Conclusion
Les techniques d’e nquêtes que nous avons mis en place n e font que démontrer que la quête de tout dialectologue : c’ est-à-dire l’obtention naturelle et sans entrave des donnée s de la part des informateurs, demeure un éternel problème.
Par conséquent l’objectif recherch é à travers c es stratég ies d’élicitation est l’obtention d’un contrôle maximal des données, dans le sens d’une vérification et non d’une maîtrise de la parole. Le but final étant pour nous la comparaison des intonations romanes, rendue possible grâce à la mise en place d’une Base de Données unique, qui nous permettra é galement des études de calculs des distances prosodiques (Rilliard & Lai, 2008).
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B O Ë , L . J. ; C O N T I N I , M . & R A K O TO F IR IN G A , H . ( 1 9 7 5 ) . E t u d e s t a t i s t i q u e d e la f r é q u e n c e l a r y n g i e n n e . A p p l i c a t i o n à l ' a n a l y s e e t à l a s y n th è s e d e s f a i t s p r o so d i q u e s d u f r a n ç a i s , P h o n e t i c a, 3 2 , 1 -2 3 .
B O T IN IS , A . ( 1 9 9 8 ) . I n t o n a t i o n in G re e k , i n : H IR S T D . & D I C R I S TO A . (1 9 9 8 ) . I n to n a t i o n S y s t e m s : a S u r v e y o f tw e n t y L a n g u a g e s. C a m b r i d g e : C a m b r i d g e U n i v e r s i t y P r e s s, 2 8 8 - 3 1 0 .
B R O W N , G . ; A N D E R S E N A . ; Y U L E , G . & S H IL L C O C K , R . ( 1 9 8 3 ) . Te a c h i n g t a l k. C a m b r i d g e : C a mb r i d g e U n i v e r s i t y P r e s s.
C A P U TO , M . R . ( 1 9 9 7 ) . L a p ro s o d i a d e i v o c a t i v i n e l l ’ i t a l i a n o p a r l a t o a N a p o l i , i n : F.
C U T U G N O ( é d . ) , F o n e t i c a e f o n o l o g i a d e g l i s t i l i d e l l ' i t a l i a n o p a r la t o . A t t i d e l l e 7 ° G i o r n a t e d i S t u d i o d e l G r u p p o d i F o n e t i c a S p e r im e n t a le , (N a p o l i , 1 4 - 1 5 n o v. 1 9 9 6 ) , R o m a , E s a g r a f i c a , 1 9 9 7 , 7 - 2 5 .
C A R P I T E L L I, E . & IA N N À C C A R O , G . ( 1 9 9 5 ). D a l l ' i m p r e s s i o n e a l m e to d o : p e r u n a r i d e f i n iz i o n e d e l mo m e n t o e sc u s s i v o , i n : M. T. R O MA N E L L O & I. T E M P E S TA ( e d s ) , D i a l e t t i e L in g u e N a z i o n a l i . A t t i d e l X X V I I C o n g r e s s o d e l l a S o c i e t à d i L i n g u i s t i c a I t a l i a n a , (L e c c e , 2 8 - 3 0 o t t . 1 9 9 3 ) , R o ma : B u l z o n i , 1 9 9 5 , 9 9 - 1 2 0 .
C O M PA N Y S , M. ( 1 9 5 6 ) . L e s n o u v e l l e s m é t h o d e s d ' e n q u ê t e l i n g u i s t i q u e , Vi a D o m i t i a, 3 , 8 3 - 1 3 8 .
C H A MB E R S , J . K . & T R U D G IL L , P. (1 9 8 7 ). L a d i a l e t t o l o g i a , B o l o g n a , I l M u l i n o .
C H A PA L L A Z , M . (1 9 7 2 ) . N o te s o n t h e I n t o n a t i o n o f Q u e s t i o n s i n I t a l i a n , i n : B O L I N G E R ( é d . ) , In t o n a t i o n, 3 5 9 -3 6 4 .
F Ó N A G Y, I . & F Ó N A G Y, J. ( 1 9 8 3 ) . L ' in t o n a t i o n e t l ' o rg a n i s a t i o n d u d i s c o u r s , B u l l e t i n d e l a S o c i é t é d e L i n g u i s t i q u e d e P a r i s, L X X V I I I , 1 , 1 6 1 - 2 0 9 .
G R A S S I, C . ; S O B R E R O , A . A . & T E L M O N , T. (1 9 9 7 ) . F o n d a m e n t i d i d i a l e t t o l o g i a i t a l i a n a. R o m a , L a t e r z a .
G U A Ï T E L L A , I. ( 1 9 9 2 ). Ry t h me e t p a ro l e : c o mp a r a i s o n c r i t i q u e d u ry t h m e d e l a l e c t u r e o ra l i s é e e t d e l a p a r o l e s p o n t a n é e , Tr a v a u x d e l ' In s t i t u t d e P h o n é t i q u e d ' A i x, 1 4 , 2 2 1 - 2 2 5 .
H IR S T, D . & D I C R I S TO , A . ( 1 9 9 8 ) . I n t o n a t i o n S y s te m s : a S u r v e y o f t w e n t y L a n g u a g e s. C a m b r i d g e , C a m b r i d g e U n i v e r s i t y P r e s s.
K AWA G U C H I, Y. ; F O N Á G Y, I . & MO R IG U C H I T. ( 2 0 0 6 ) . P ro s o d y a n d S y n t a x , J o h n B e n j a m in s P u b l i s h i n g C o m p a n y.
K E N T, R . D . & R E A D , C . ( 1 9 9 2 ) . T h e a c o u s t i c a n a l y s i s o f s p e e c h. S a n D i e g o , C a l i f o r n i a , S in g u l a r p u b l i s c h i n g g ro u p .
L A D D , D . R . (1 9 9 6 ) . In t o n a t i o n a l p h o n o l o g y. C a mb r i d g e , C a m b r i d g e U n i v e r s i t y P r e s s.
L A I , J - P. , R O MA N O , A . & R O U L L E T, S . (1 9 9 7 ) , " L’a n a l i s i p r o so d i c a d i a l c u n e v a r i e t à l i n g u i s t i c h e d ’ I t a l i a : p r o p o s t a p e r u n a p p r o c c i o m e t o d o l o g i c o u n i t a r i o " , B o l l e t t i n o d e l l ’ A t l a n t e L i n g u i s t i c o I t a l i a n o, I I I , 2 1 , 2 3 - 7 0 .
L A I , J - P. ( 2 0 0 2 ) , l ’ i n t o n a t i o n d u p a r l e r d e N u o ro ( S a rd a i g n e ), T h è se d e D o c t o r a t e n S c i e n c e s d u L a n g a g e , U n iv e r s i t é S t e n d h a l , G r e n o b l e 3
L A I , J -P. (2 0 0 8 ) . L a s t r a t é g i e d e s c o r p u s A MP E R , i n : L . d e C a s t r o Mo u t i n h o & R . L . C o i m b r a (é d s ) , I J o r n a d a s C i e n t í f i c a s A MP E R -P O R , Av e i r o ( 2 9 - 3 0 o c t . 2 0 0 7 ), U n i . d ’Av e i r o , 6 7 - 7 8 .
L A I , J - P. ( 2 0 0 9 ) . P r é se n t a t i o n d e l ’ A t l a s Mu l t i m é d i a P ro s o d i q u e d e l ’ E sp a c e R o m a n (A MP E R ) , i n : B . H o r i o t ( é d ) , L a d i a l e c t o l o g i e h i e r e t a u j o u rd ’ h u i ( 1 9 0 6 -2 0 0 6 ) , Ly o n , 7 -9 d é c . 2 0 0 6 , C e n t r e d ’é t u d e s L i n g u i s t i q u e s Ja c q u e s G o u d e t . S é r i e D i a l e c t o l o g i e 5 , 5 1 - 5 9 .
L A I , J - P. & C O N T IN I , M . ( 2 0 1 2 ) . N o u v e l l e s s t r a t é g i e s d e r e c u e i l d e d o n n é e s s u r le t e r r a i n , e x e m p l e s à t r a v e r s l e p r o j e t A m p e r (A t l a s M u l t i m é d ia P r o s o d i q u e d e l ’E s p a c e R o m a n ) , i n : F. M A N Z A N O ( é d . ) , Mé m o i r e s d e Te r r a in . E n q u ê t e s, m a t é r i a u x , t r a i t e m e n t d e s d o n n é e s, C e n t r e d ’E t u d e s L i n g u i s t i q u e s, U n i v e r s i t é d e Ly o n , 2 5 5 -2 6 8 . L IN D B L O M , B . ( 1 9 9 0 ). E x p l a i n i n g p h o n e t i c v a r i a t i o n : a s k e t c h o f t h e H & H t h e o r y, i n : W. J. H A R D C A S T E L & A . MA R C H A L ( e d s ) , S p e e c h p ro d u c t i o n & s p e e c h m o d e l l i n g, A m s t e r d a m , K l u w e r, 4 0 3 - 4 3 9 .
MA G N O -C A L D O G N E T TO , E . & P O G G I, I . ( 1 9 9 4 ) . I l s i s t e m a p ro s o d ic o i n t o n a t i v o e l ' a n a l i s i m u l t i m o d a l e d e l p a r l a t o , i n : P. L . S A L Z A ( é d . ) , G l i a s p e t t i p ro s o d i c i d e l l ’ i t a l i a n o. A t t i d e l l e 4 ° G i o r n a t e d i S t u d i o d e l G ru p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n t a l e . (To r i n o , 11 - 1 2 n o v. 1 9 9 3 ) , R o m a , E s a g r a f i c a , 1 4 3 - 1 5 4 .
M IN U TO , I . ( 1 9 9 4 ). L e p a t o l o g i e d e l l i n g u a g g io i n f a n t i l e. F i r e n z e , L a N u o v a I t a l i a . MO O N , S . J . & L IN D B L O M , B . ( 1 9 8 9 ) . F o r m a n t u n d e r s h o o t i n c l e a r a n d c i t a t i o n - f o r m
s p e e c h : a s e c o n d p r o g r e s s r e p o r t , R o y a l In s t i t u t e o f Te c h n o l o g y S p e e c h Tr a n s m i s s i o n L a b o r a t o r y ( S t o c k h o l m ) . Q u a t e r l y P ro g re s s & S t a t u s R e p o r t s , 1 , 1 2 1 - 1 2 3 .
PA R K , Y. M. ( 1 9 8 9 ) . A s p e c t s s y n t a x i q u e e t r y th m i q u e d e l ’ o rg a n i s a t i o n p r o s o d i q u e d e s p h r a s e s e n f r a n ç a i s : é t u d e a c o u s t i q u e d e s v a r i a b l e s t e m p o re l l e s e t m é lo d i q u e s , Tr a v a u x d e l ’ I n s t i t u t d e P h o n é t i q u e d e S t r a s b o u rg, 2 1 , 1 - 2 1 0 .
S AV I N O , M . & R E F I C E , M . ( 1 9 9 7 ). L ' i n t o n a z i o n e d e l l ' i t a l i a n o d i B a r i n e l p a r l a t o l e t t o e i n q u e l l o s p o n t a n e o , i n : F. C U T U G N O (é d . ) , F o n e t i c a e f o n o l o g i a d e g l i s t i l i d e l l ' i t a l i a n o p a r l a t o . A t t i d e l l e 7 ° G i o r n a t e d i S t u d i o d e l G r u p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n ta l e , (N a p o l i , 1 4 - 1 5 n o v. 1 9 9 6 ), R o m a , E s a g r a f i c a , 1 9 9 7 , 7 9 - 8 8 .
P E T TO R I N I, M . & G IA N N I N I, A . ( 1 9 9 4 ) . A s p e t t i p r o s o d i c i d e l p a r l a t o r a d io f o n i c o , i n : S a l z a P. L . ( é d . ) . G l i a s p e t t i p ro s o d i c i d e l l ’ i t a l i a n o. A t t i d e l l e 4 ° G i o r n a t e d i S t u d io d e l G ru p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n t a l e , (To r i n o , 11 - 1 2 n o v. 1 9 9 3 ) , R o ma , E s a g r a f ic a , 1 9 - 3 8 .
P O P, S . (1 9 5 0 ) . L a D i a l e c t o l o g i e : a p e r ç u h i s t o r iq u e e t m é t h o d e s d ' e n q u ê t e s l i n g u i s t i q u e s .
U n i v e r s i t é C a t h o l i q u e d e L o u v a i n , 2 v o l .
P O P, S . & P O P, D . R . ( 1 9 5 9 ). J u l e s G i l l i e ro n , v i e , e n s e i g n e m e n t , é l è v e s , œ u v re s , s o u v e n i r s. L o u v a i n , D u c u lo t .
R I L L IA R D , A . & L A I , J - P. (2 0 0 8 ) . O u t i l s p o u r l e c a l c u l e t l a c o mp a r a i s o n p r o so d i q u e d a n s l e c a d r e d u p r o j e t A MP E R - l ’ e x e m p l e d e s v a r i é t é s O c c i t a n e e t S a rd e , i n : A . T U R C U L E T ( é d . ), S y m p o s i u m I n t e rn a t i o n a l : L a v a r i a t i o n d i a to p i q u e d e l ’ i n t o n a t i o n d a n s l e d o m a i n e r o u m a i n e t r o m a n , ( I a s i , 2 0 - 2 2 o c t . 2 0 0 8 ) , I a s i , E d . U n i v e r s i t a t i i
« A . I o a n C u z a » , 2 1 7 -2 2 9 .
R O MA N O , A . ( 1 9 9 7 ) . D e f i n i z i o n e d i s e i s o t t o - v a r i e t à i n t o n a t i v e d e l S a l e n to : p r i m e v a l u t a z i o n i d e i r i s u l t a t i d i u n t e s t d i r i c o n o s c i me n t o , i n : F. C U T U G N O ( é d . ) , F o n e t i c a e f o n o l o g i a d e g l i s t i l i d e l l ' i t a l i a n o p a r l a to . A t t i d e l l e 7 ° G i o r n a te d i S tu d i o d e l G r u p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n t a l e , (N a p o l i , 1 4 -1 5 n o v. 1 9 9 6 ) , R o m a , E s a g ra f i c a , 1 9 9 7 , 5 9 - 7 7 .
R O MA N O , A . ( 1 9 9 9 ) , A n a l y s e d e s s t r u c t u re s p ro s o d i q u e s d e s d i a l e c t e s e t d e l ’ i t a l i e n r é g i o n a l p a r l é s d a n s l e S a l e n t o ( I t a l i e ) : a p p ro c h e l i n g u i s t i q u e e t i n s t r u m e n t a l e. T h è se d e D o c t o ra t e n S c i e n c e s d u L a n g a g e , U n i v e r s i t é S t e n d h a l , G r e n o b l e 3 , 2 v o l . P u b l i é e à L i l l e , P r e s s e s U n i v. d u S e p t e n t i o n ( 2 0 0 1 ) .
R O M I TO , L . & L O R E N Z I , M. ( 1 9 9 7 ) . C o n s i d e ra z i o n i g e n e r a l i s u l c o mp o r t a m e n t o d i a l c u n e v a r i e t à d i a l e t t a l i m e r i d io n a l i e s e t t e n t r i o n a l i r i s p e t t o a l l ’ a cc e n to i n t e n s i v o , Q u a d e r n i d e l D i p a r t im e n t o d i L in g u i s t i c a d e l l ’U n i v e r s i t à d e l l a C a l a b r i a, S e r i e L in g u i s t i c a , 6 , 11 - 3 4 .
R O MA N O , A . & R O U L L E T, S . ( 1 9 9 8 ). A n a l i s i i n t o n a t i v a c o mp a r a t a d i d u e v a r i e t à d i i t a l i a n o r e g i o n a l e ( s a l e n t i n o m e r i d i o n a l e e v a l d o s ta n o c e n t r a l e ) s u l l a b a s e d i u n c o r p u s f i s s o d i f r a s i a ffe r m a t i v e e in t e r r o g a t i v e , o t t e n u t t e m e d i a n t e p r o g r e s s i v e e sp a n s i o n i d e i s i n t a g m i n o m i n a l e e v e r b a l e , i n : P. M . B E RT I N E T TO & L. C I O N I ( e d s ) , A t t i d e l l e 8 ° G i o r n a t e d e l G r u p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n t a l e , (P i s a , 1 8 -1 9 d i c . 1 9 9 7 ), P i s a , S c u o l a N o r ma l e S u p e r i o re , 1 2 8 - 1 4 1 .
R O S S I , M . ; D I C R I S TO , A . ; H IR S T, D . ; MA RT IN , P H . & N I S H IN U MA , Y. ( 1 9 8 1 ).
L ' i n t o n a t i o n . D e l ’ a c o u s t i q u e à l a s é m a n t i q u e. P a r i s , K l i n c k s i e c k .
R O U L L E T, S . ( 1 9 9 9 ) . A c c e n t e t i n t o n a t i o n d a n s d e u x p a r l e r s f r a n c o p ro v e n ç a u x d e l a Va l l é e d ’A o s t e ( S a r re e t C o g n e ) . T h è s e d e D o c t o ra t e n S c i e n c e s d u L a n g a g e , U n i v e r s i t é S t e n d h a l , G r e n o b l e 3 , 2 v o l .
S A B IO , F. (1 9 9 6 ) . Tr a n sc r i p t i o n p r o s o d i q u e e t c o n s t i t u t i o n d e b a s e s d e d o n n é e s s u p r a s e g m e n t a l e s, i n : Mo r a c c h i n i G . ( é d . ) , B a s e s d e d o n n é e s l i n g u i s t i q u e s : c o n c e p t i o n s , r é a l i s a t i o n s , e x p l o i t a t i o n s . A c t e s d u C o l l o q u e I n t e r n a t i o n a l d e C o r t e (C o r t e , 11 -1 4 o c t . 1 9 9 5 ), U n i v e r s i t é d e C o r s e - U n i v e r s i t é d e N i c e S o p h i a A n t i p o l i s , 1 9 9 6 , 2 3 3 - 2 5 0 .
S AV I N O , M . & R E F I C E , M . ( 1 9 9 7 ). L ' i n t o n a z i o n e d e l l ' i t a l i a n o d i B a r i n e l p a r l a t o l e t t o e i n q u e l l o s p o n t a n e o , i n C u t u g n o F. ( é d . ) , F o n e t i c a e fo n o l o g i a d e g l i s t i l i
d e l l ' i t a l i a n o p a r l a t o . A t t i d e l l e 7 ° G i o r n a t e d i S t u d i o d e l G r u p p o d i F o n e t i c a S p e r i m e n ta l e , (N a p o l i , 1 4 - 1 5 n o v. 1 9 9 6 ), R o m a , E s a g r a f i c a , 1 9 9 7 , 7 9 - 8 8 .
SAWUSCH, J. R. (1996). Instrumentation and Methodologie for the Study of Speech Perception, in: J. NORMAN & LASS (eds). P r i n c i p a l e s o f E x p e r im e n ta l P h o n e t i c s, S t . L o u i s , M o s b y, 5 2 5 - 5 5 0 .
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S T R A K A , G . ( 1 9 8 1 ). S u r l a f o r ma t i o n d e l a p r o n o n c i a t i o n f r a n ç a i s e d ' a u j o u rd ' h u i, Tr a v a u x d e L i n g u i s t i q u e e t d e L i t t é r a t u re, X IX , 1 , 1 6 1 - 2 4 8 .
S U G E TA , S . ( 2 0 0 0 ) . S u b o c a b u l a r i u s i n o t t i c u N u g o re s u -G ia p p o n e s u - I t a l i a n u, C a g l i a r i , E d i z i o n i D e l l a To r r e ,
TO U AT I, P. ( 1 9 7 2 ) . A n a l y s e d e l a p ro s o d i e d e l a p a ro l e s p o n t a n é e e n s u é d o i s e t e n f r a n ç a i s , i n : A c t e s d u X I I C o n g r è s I n t e r n a t i o n a l d e s S c i e n c e s P h o n é t i q u e s , (A i x - e n -P r o v e n c e 1 9 - 2 4 a o û t 1 9 9 1 ) , A i x , U n i v e r s i t é d e P r o v e n c e , 4 / 5 , 2 8 2 - 2 8 5 .