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Mallarmé a perdu son fils de huit ans, Anatole, mort à la suite d’une maladie en 1879. Le Tombeau d’Anatole (ébauches) écrit à cette époque dit qu’Anatole, qui est mort dans son lit, s’est noyé dans la mer. Cet article a pour but d’analyser les drames que la hantise de l’enfant mort dans la mer engendre, dans la navigation poétique de Mallarmé écrite après la mort d’Anatole.
Il convient de réfléchir sur la raison pour laquelle Anatole, mort dans son lit, est devenu un enfant mort dans la mer. Cette idée a été formée par les souvenirs de l’ascite, du costume marin, et du canotage. Pour Mallarmé, la mer était un lieu pour méditer sur le néant. Avec la mort de l’enfant, elle se transforme en un espace du néant encore plus profond.
Nous cherchons les drames produits par la mort d’Anatole dans la navigation poétique de Mallarmé des années 90. Les sirènes qui se noient, avec le ventre retourné, y apparaissent. Le ventre des sirènes rappelle l’impression que le ventre gonflé d’eau de son fils a laissée sur le poète. Dans « À la nue accablante », où apparaît une sirène identifiée à Anatole, se trouve une scène dans laquelle le vieux capitaine est englouti dans l’abîme qui a avalé la petite sirène. Mallarmé pense qu’il sombrera dans cet abîme du néant absolu ouvert par son fils, qui reflète l’image de la tombe où Anatole a été enterré.
Nous révèlerons un nouveau drame sur la mort d’Anatole dans « Un coup de dés ». Dans Le Tombeau d’Anatole, Mallarmé raconte son rêve de transmettre la tâche du poète à son fils. La mort d’Anatole pose le drame de la mort du successeur. La suite de ce drame se trouve dans « Un coup de dés ». Dans la scène où le vieux capitaine, disparaissant dans l’abîme avec l’ombre de son enfant, confie les dés à un jeune prince, l’on peut retrouver Mallarmé essayant de transmettre la tâche du poète à la génération suivante à la place de son fils.
(Doctorant à l’Université Waseda)
La hantise de l’enfant mort dans la mer
―Lecture de la navigation poétique de Mallarmé à partir du Tombeau d’Anatole