Gestion de la santé des dirigeants de PME
- Comparaison France-Japon -
Katsuyuki KAMEI, Université du Kansaï
Hiroki OGYU, Université pour femmes de Otsuma
Florence GUILIANI, HEC Montréal
Olivier TORRES, Université de Montpellier
Table des matières Introduction
Pourquoi nous sommes-nous intéressés aux problèmes de santé des dirigeants de PME ? 1. Leçons des études en France
2. Comparaison des résultats entre la France et le Japon – 3. Sommeil des dirigeants de PME
Conclusion -Déclaration AMAROK Tokyo Osaka 2018 –
Résumé
Au sujet de la gestion de la santé des dirigeants de PME, nous avons analysé les résultats obtenus par les recherches effectuées conjointement par la France et Le Japon. En comparaison avec les dirigeants français, la corpulence des dirigeants japonais est moins élevée. Moins de personnes souffrent de la solitude. Moins de personnes ressentent du stress. Le temps de sommeil est plus court et la durée de travail plus longue. La satisfaction professionnelle est quant à elle plus basse. En comparaison du grand public, elle est nettement plus élevée, mais si l’on compare la satisfaction à celle des dirigeants français elle est plus basse. Le risque d’épuisement professionnel est supérieur au Japon. La santé mentale ainsi que la condition physique sont inférieures à celles des dirigeants français. Un sommeil de mauvaise qualité se répercute sur la bonne forme durant la journée et se traduit par des difficultés à demeurer éveillé et un manque d’enthousiasme pour faire ce que vous avez à faire. Chez les dirigeants, la composante clé à surveiller est la durée de sommeil, source de somnolence.
Mots clés : PME ; santé du dirigeant ; comparaison France-Japon ; stress ; sommeil
Introduction Pourquoi nous sommes-nous intéressés aux
problèmes de santé des dirigeants de PME ?
Depuis quelque temps, on parle énormément du management de la santé et de la productivité, mais quand on emploie cette expression c’est généralement au sujet de la santé des employés. Alors bien entendu, si les employés ne sont pas en bonne santé c’est un problème, mais on a tendance à oublier de considérer l’état de santé des dirigeants
d’entreprise, et plus particulièrement celle des dirigeants de PME. Et pourtant, au Japon aussi bien qu’en France, les PME sont la base du système économique. Il n’est pas exagéré de dire que ce sont des pays de PME. Si on s’intéresse aux chiffres, on peut remarquer qu’au Japon et en France les PME représentent 95% des entreprises. Autant de PME signifie tout autant de chefs d’entreprises. Alors s’il y a un si grand nombre de dirigeants de PME et d’auto-entrepreneurs, comment se fait-il que lorsque on évoque le management de la santé et de la productivité, on ne prenne pas leur santé en considération. C’est avec cette problématique à l’esprit qu’en 2009 le professeur Olivier Torrès, estimant qu’il fallait s’intéresser académiquement à la santé des dirigeants de PME, a créé l’observatoire AMAROK. Et puis au Japon en 2010, nous avons établi la branche japonaise d’AMAROK.
A partir de 2016, avec le soutien d’une organisation nommée fondation Anshin Zaidan, nous avons, au Japon aussi, réussi à interroger 300 dirigeants de PME par téléphone, et ainsi effectuer notre enquête, écouter leurs témoignages de vive voix. Il s’agissait de réaliser une enquête semblable à celle effectuée en France, qui consistait à interroger de vive voix par téléphone un ensemble de 300 dirigeants de PME. Nous avons pu utiliser les questionnaires 1, 2 et 3 communément avec la France. Les Français sont nos ainés dans ce domaine. En France tout a commencé avec une première étude en 2011, puis une seconde en 2012, et enfin après cela une troisième. Et c’est à partir de la quatrième étude que les chercheurs japonais et français ont commencé à travailler ensemble. Cette étude commune France et Japon s’appelle AMAROK Keieisha Kenko Anshin Action (Université pour femmes de Otsuma et Fondation Anshin Zaidan).
1. Leçons des études en France
Tout d’abord, nous allons vous faire part des leçons qui ont pu être tirées de ces trois premières études qui, ont été accomplies en France. Voilà ce que le travail des chercheurs français, nos ainés, nous a appris. Quel que soit le nombre d’études effectuées, on remarque que les dirigeants de PME et les auto-entrepreneurs s’estiment en meilleur santé physique et mentale, et moins stressés que les salariés ou les ouvriers. Autrement dit, on a compris que les dirigeants de PME ont une santé de meilleure qualité que celle des employés.
Beaucoup de tâches différentes incombent aussi aux dirigeants de PME. Ils ressentent aussi du stress, ont de nombreuses inquiétudes, et il leur arrive parfois d’être victimes de la solitude. Ces aspects négatifs font aussi partie intégrante du rôle des dirigeants de PME. Mais selon les informations récoltées au cours des différentes études, ils préfèrent leur position actuelle, où ils sont maîtres d’eux-mêmes, à celle de l’époque où ils étaient salariés et étaient soumis aux ordres, plaintes et commentaires constants de leurs supérieurs. Ils perçoivent moins de stress, et peuvent jouir d’une rémunération proportionnelle aux efforts qu’ils investissent. Il y a donc une sorte d’optimisme spécifique aux dirigeants de PME, qui leur fait dire que ça va bien s’arranger d’une manière ou d’une autre, puisqu’ils sont responsables de leur devenir. Ce sont ces aspects-là qui motivent ces chefs d’entreprises. C’est ce qui leur permet de passer outre le stress et les autres inconvénients. Finalement, AMAROK en a conclu que si l’on
venait à poser sur une balance les difficultés et les plaisirs propres aux dirigeants de PME, faire pencher la balance du côté de ce qui les motive est évidemment ce qui permettrait d’assurer leur bonne santé physique et mentale.
2. Comparaison des résultats entre la France et le Japon –
La corpulence des dirigeants japonais est moins élevée. Moins de personnes souffrent de la solitude. Moins de personnes ressentent du stress. Tout cela en comparaison avec les dirigeants français. Et puis le temps de sommeil est plus court chez les Japonais, et la durée de travail plus longue. La satisfaction professionnelle est quant à elle plus basse. En comparaison du grand public, elle est nettement plus élevée, mais si l’on compare la satisfaction à celle des dirigeants français elle est alors plus basse. Le risque d’épuisement professionnel est supérieur au Japon. Enfin, la santé mentale ainsi que la condition physique sont inférieures à celles des dirigeants français. Voilà les résultats obtenus. Penchons-nous sur ces points un par un.
2-1 Corpulence
Pour la corpulence, que l’on mesure par l’IMC, voilà les statistiques dans le monde. Si l’on compare de manière générale à la population, on voit que les Français ont une corpulence élevée, tandis qu’elle est basse pour les Japonais. Vous serez d’accord pour dire qu’une corpulence élevée est synonyme pour diverses raisons de nombreuses conséquences néfastes pour le corps. On parle souvent de syndrome métabolique. Et puis sur le plan mental également. Il y a par exemple une maladie qu’on appelle je crois l’apnée du sommeil. Plus la corpulence augmente et plus l’apnée du sommeil s’aggrave, et il peut alors arriver d’être victime d’hypersomnie durant la journée, ou de voir ses capacités mentales se dégrader.
2-2 Solitude
Les dirigeants français victimes de solitude sont largement plus nombreux. On s’est demandé s’il était judicieux de simplement comparer les résultats de la sorte. Il est vrai que les Français sont individualistes par nature, tandis que les Japonais ont tendance à mener une vie plutôt communautaire. Il nous semble donc que le contexte de départ est différent. À notre avis, il n’est pas faux de dire que les Français sont en quelque sorte habitués à la solitude. Cela pourrait avoir une influence. Quoi qu’il en soit, il existe une étude, qui est certes une généralisation, dont les résultats indiquent que les personnes souffrant de solitude sont plus aptes à tomber malades. On remarque grâce à cette étude qu’être victime de solitude implique vraisemblablement une diminution des défenses immunitaires, et facilite ainsi la contamination par des maladies infectieuses.
2-3 Stress
En ce qui concerne le stress, les Français se sont avérés plus nombreux. Mais le stress est à considérer avec un peu de recul, car ce n’est pas forcément une mauvaise
chose. À l’origine c’est un terme utilisé en physique qui désigne les stimuli, ce qui en réalité n’est ni bénéfique ni néfaste. Il est vrai qu’un peu de stress est nécessaire aux êtres humains. Du bon stress va permettre un meilleur fonctionnement du métabolisme, ou renforcer la motivation, alors que s’il n’y a pas une once de stress rien ne nous stimule. C’est cet aspect du stress qui est indispensable aux hommes, mais il faut bien comprendre qu’un surplus n’est jamais une bonne chose.
Le stress a deux facettes : il peut tout aussi bien être un vecteur de croissance que nuire à la santé. Il n’est pas rare qu’au sein d’une entreprise, on donne aux jeunes des défis à relever, qu’on les force un peu à se dépasser, leur donnant ainsi du stress. Mais ce qui en résulte, c’est qu’en réussissant à surmonter ces obstacles, ils gagnent en maturité dans la société. C’est l’un des aspects positifs du stress. Cependant, si la situation est mal gérée, la pression peut devenir écrasante pour certaines personnes, au point de les rendre malades. C’est véritablement une épée de Damoclès, un aspect plus dur du stress. Par conséquent, les dirigeant français ressentent certes plus de stress, mais cela n’est pas forcément synonyme de risque de maladie.
Les facteurs individuels. Par exemple si vous connaissez des méthodes anti-stress, certains en ont plusieurs, il est possible de décompresser efficacement, même en étant très stressé. Il y a également la perception des choses, qui à notre avis est en fait le facteur le plus déterminant. Lorsqu’il y a quelque chose qui les inquiète, certaines personnes vont immédiatement penser au pire, au point de ne plus pouvoir dormir la nuit. Alors que d’autres arrivent à se débarrasser de leurs inquiétudes en se disant que tant pis, il n’y a rien à faire, que cette fois ils se débrouilleront d’une manière ou d’une autre. Voilà comment varie la perception des choses.
Ensuite, le soutien de la part de l’entourage. Ont-ils quelqu’un à qui se confier une fois rentrés à la maison ? Des amis ? Les résultats de l’étude nous montrent que les dirigeants ont tendance à ne pas se confier à qui que ce soit, et ils ne peuvent donc parfois pas bénéficier du soutien de leur entourage. Nous avons choisi comme point suivant la résilience. La résilience, c’est la capacité à résister en quelque sorte à l’adversité, par exemple au stress, de pouvoir le surmonter et en ressortir grandit. Plus spécifiquement, on dira de quelqu’un qui ne recule pas face aux défis, qui même dans les pires situations de sa vie va réfléchir à ce qu’il peut tout de même en tirer, ou encore qui est tourné positivement vers l’avenir, qu’il est résilient. Si l’on fait preuve de résilience il n’est alors pas difficile de surmonter plus ou moins de stress.
2-4 Sommeil
En ce qui concerne la qualité perçue du sommeil, en France, plus de 60% des dirigeants estiment leur qualité de sommeil comme au moins bonne, contre 57% des dirigeants japonais. L’étude n’a pas montré de différences significatives entre la qualité de sommeil perçue au Japon et en France.
La durée idéale de sommeil est celle qui permet de se sentir reposé et d’occuper sa journée sans ressentir la pression du sommeil. L’horloge biologique est donc différente pour chacun d’entre nous. Selon l’OMS, la durée de sommeil est de 7 à 8 heures environ. La durée du sommeil est un compromis entre nos besoins biologiques, les contraintes de nos rythmes de vie, et notre personnalité, ce qui explique que la durée nécessaire de
sommeil varie d’une personne à l’autre. Mais les dirigeants, eux, voient davantage le sommeil comme une variable d’ajustement et ont facilement tendance à rogner sur leur temps de sommeil. Nous sommes bien chez eux dans l’idée de dormir moins pour travailler plus.
En moyenne les Japonais dorment en semaine 6h22. Un résultat confirmé par notre étude, notamment parmi les dirigeants de moins de 44 ans. Finalement, au sein de la population active, très peu de dirigeants respectent les préconisations de l’OMS en termes de quantité de sommeil. La quantité semble augmenter avec l’âge. La moyenne des Français est de 7h05 en semaine. La proportion des dirigeants français qui dorment entre 7 et 8h est plus élevée, même si aucune différence significative n’a été démontré.
A propos du sommeil, il y a un sujet dont on parle récemment. Il s’agit de la dette de sommeil. Depuis une semaine, on parle aussi de décalage horaire social. Ces personnes qui ne dorment pas assez pendant la semaine, mais qui dorment excessivement le week-end. Loin de permettre de rattraper le sommeil en retard, on pense plutôt que cela peut avoir de nombreuses conséquences sur la santé.
Nous vous donnons quelques exemples des conséquences causées par un tel décalage horaire. En dormant beaucoup le week-end, le risque de syndrome métabolique, par exemple l’obésité, est alors multiplié par 1,2 ou 1, 3. On voit aussi le risque de maladies cardio-vasculaires augmenter. Et lorsque ce sont les enfants qui vont rattraper du sommeil en retard avec de telles pratiques, on remarque une baisse significative de leurs résultats aux examens scolaires.
Le manque de sommeil est bien entendu la cause d’une baisse de l’attention, de la capacité de jugement, des capacités cognitives, et de la mémoire. Il arrive aussi que cela occasionne des dépressions ou des idées noires, ainsi que de bien d’autres problèmes de santé. C’est pourquoi on estime qu’il est préférable de dormir au moins 7 heures par nuit. 6 heures au minimum. Avec l’âge, le sommeil à tendance à devenir plus court et plus léger, mais pour les personnes qui travaillent encore activement il est à notre avis préférable de dormir au moins 7 heures par nuit.
2-5 Temps de travail
Là aussi les dirigeants japonais travaillent plus longtemps. Pour cette étude nous nous sommes basés sur le temps de travail hebdomadaire, qui ne vous parle peut-être pas beaucoup, nous allons donc voir les résultats convertis en nombres d’heures supplémentaires mensuelles qui correspondent mieux aux habitudes japonaises. De la sorte, on comptabilise à peu près 40 heures supplémentaires mensuelles en France, contre 80 heures supplémentaires mensuelles pour les dirigeants au Japon. Imaginons une entreprise ordinaire où l’on effectuerait 80 heures supplémentaires par mois. Ce serait un grave problème. On est bien loin de l’accord de l’article 36 qui régule le temps de travail. Et puis récemment, il y a par exemple le problème de karôshi, mort par surmenage au travail, ou encore les troubles psychiques dus au travail. Si l’on intentait un procès à une entreprise pour ces motifs, et qu’on apprenait l’existence de 80 heures supplémentaires, ce serait sans aucun doute reconnu comme accident du travail. Voilà le niveau de travail qu’accomplissent les dirigeants.
étude sur le karôshi. Nous avons donc dit80 heures supplémentaires par mois. Si une personne accumule 80 heures supplémentaires, tout en dormant moins de 6 heures par nuit, alors elle voit son risque d’être victime d’un infarctus du myocarde multiplié par 4,8. Presque 5 fois plus. C’est pour cela qu’on limite le travail de longue durée. Donc actuellement, quelqu’un qui cumulerait plus de 80 heures supplémentaires, serait probablement obligé de consulter un médecin.
Voilà ce qui a motivé la mise en place de ces règles. Mais pour les dirigeants il n’y a aucune obligation de consultation par rapport aux heures de travail accumulées, et ils doivent donc gérer eux-mêmes leurs temps de travail et de sommeil.
2-6 Satisfaction professionnelle
Abordons la satisfaction professionnelle, qui est plus ressentie par les dirigeants français. La satisfaction professionnelle, la sensation d’accomplissement. En exagérant les choses, si on travaille à contrecœur, le travail devient une source de stress incommensurable. Mais lorsqu’on aime ce que l’on fait, il devient possible d’accomplir avec plaisir/sans stress même des tâches difficiles. Cette idée est proche de ce qui se dégage de ce résultat. Nous ne sous-entendons bien évidemment pas que les dirigeants japonais travaillent à contrecœur, mais nous pensons qu’un meilleur sentiment de satisfaction peut d’une certaine manière permettre de surmonter le stress.
2-7 Burnout
En ce qui concerne le burnout, on remarque un plus grand risque chez les Japonais. En conséquence, comme nous l’avons expliqué précédemment, interrogés sur leur santé mentale, où il était demandé aux répondants comment ils se sentent, ainsi que sur leur santé physique, s’ils s’estiment en bonne condition ou pas, au cours de 3 études effectuées, les dirigeants français ont obtenu à trois reprises de meilleurs résultats.
2-8 Synthèse
Pour résumer, voilà ce que donne la synthèse. Les dirigeants français ressentent plus de stress que les dirigeants japonais, et ont un plus fort sentiment de solitude. En revanche, ils témoignent d’une grande satisfaction professionnelle, et n’ont pas un temps de travail excessif. Les résultats montrent aussi qu’ils profitent d’un sommeil plus long. Il y a donc plus de dirigeants français qui se sentent en bonne condition aussi bien mentale que physique. Alors, comment peut-on interpréter ces résultats ? Il est un peu trop simpliste de faire une corrélation directe entre le degré de satisfaction et la forme. De plus le temps de travail nous semble un facteur-clé, tout comme le temps de sommeil qui nous paraît crucial. Notre prochaine tâche sera donc de réfléchir à quel élément nous devons nous intéresser, et de quelle manière.
2-9 Facteurs de risque et facteurs de protection
facteurs de risque et facteurs de protection. Ce qui a tendance à nuire à la santé est considéré comme facteur à risques, tandis que ce qui va plutôt permettre d’améliorer l’état de santé est un facteur de protection. L’obésité bien sûr, la solitude, le stress, le manque de sommeil, les longues heures de travail, ainsi que le risque de burnout sont des facteurs de risque, puisqu’ils augmentent évidemment les chances d’être malade. D’autre part, le libre arbitre, autrement dit être maître de ses décisions et de ses actes, la présence de l’entourage, la capacité à faire face au stress, faire preuve d’une grande souplesse d’esprit dans la perception des problèmes, la satisfaction professionnelle, le sentiment d’accomplissement, aimer le changement, ou encore l’adaptabilité sont des facteurs de protection. En s’appuyant sur ces observations, l’idéal serait logiquement de réduire les facteurs de risque tout en développant les facteurs de protection, mais la situation n’a pas tendance à changer uniquement en fonction du nombre et du type de facteurs. En effet, nous avons vu des personnes se porter à merveille malgré des circonstances difficiles, et d’autres tomber malades alors que tout semblait bien aller. Il y a d’énormes différences d’une personne à l’autre.
3. Sommeil des dirigeants de PME
3-1 Anthropologie du sommeil
La perception du sommeil diffère d’un pays à l’autre. Les Japonais n’auront pas les mêmes habitudes de sommeil qu’un Européen ou qu’un Américain. Même si le sommeil est une nécessité biologique, il est également conditionné par les normes culturelles d’un pays. Les déterminants du sommeil sont multiples, car ils dépendent de caractéristiques biologiques, de la personnalité ou du mode de vie, en particulier sur les habitudes de sommeil.
Par exemple, les habitudes de sommeil des Japonais et des Français sont très différentes, lorsque certains préfèrent dormir seuls ou en couple, d’autres peuvent dormir en famille. Ce qu’on appellee en japonais Kawa (川). Les Français dorment généralement d’un seul bloc la nuit, alors que les Japonais ont un sommeil plus fractionné et pratiquent la micro-sieste (Inemuri). Ces habitudes ne sont pas exemptes de contradictions apparentes : les Français peuvent à la fois dédaigner et sanctifier le sommeil et les Japonais peuvent à la fois faire preuve d’une efficacité illimitée et gérer leur sommeil d’une manière qui semble fortuite pour les Français. Ce conditionnement culturel a une incidence indirecte sur la perception du sommeil d’une population à l’autre et cette perception du sommeil aura une incidence sur tous les aspects de la vie d’un individu.
Quel que soit la culture, le sommeil joue un rôle clé dans le capital santé d’un individu. De nombreuses études ont montré les effets du sommeil sur la performance au travail des employés. Très peu se sont intéressées à ses effets sur les dirigeants d’entreprise, notamment de PME. Or, au Japon comme en France, les PME sont l’un des moteurs de la croissance économique du pays.
Quand on parle d’un dirigeant de PME, d’un entrepreneur à la fois dans la théorie et dans la pratique, on observe qu’il crée, qu’il stimule, qu'il gère, qu’il dirige, qu’il fait tout un tas de choses. Les questions qui se posent sont : est-ce qu’au milieu de toutes ces activités, il trouve le temps de dormir ? Et surtout comment dort-il ?
3-2 Les composantes du sommeil
Il faut savoir que le sommeil n’est pas simplement de l’ordre du bien-être. Il régénère les capacités cognitives et attentionnelles et il stabilise l’humeur et les comportements quotidiens. Ses effets portent autant sur la vie personnelle que professionnelle. En effet, en contexte de PME où les interactions sont légions dues à une culture de l’oralité, connaître et savoir gérer cette ressource clé devient essentiel. D’où la double question : quelle est la qualité du sommeil des dirigeants et quelles sont les composantes à surveiller ?
Cinq chercheurs de l’université de Pittsburgh ont mis en évidence que la qualité du sommeil intégrait sept composantes : l’efficacité du sommeil, la qualité perçue du sommeil, les troubles du sommeil, la latence du sommeil c’est-à-dire combien de temps on prend pour s’endormir, pour trouver le sommeil, la prise de médicaments, la quantité de sommeil et le fonctionnement diurne (Pittsburgh Sleep Quality Index). Ses composantes vont avoir une incidence bien évidemment sur votre enthousiasme, sur votre énergie, sur votre tonus durant la journée.
Un dirigeant connaissait depuis plusieurs semaines cette problématique où il se réveillait beaucoup plus tôt que ce qui était prévu par rapport à son réveil, et finalement, ce qu’il a fait c’est qu’au lieu de subir ce réveil précoce, ce réveil qui n’était pas prévu, il a décidé de commencer plus tôt ses activités. Donc toutes les activités qui nécessitaient de la réflexion, de la prise de décision, de la stratégie, il les faisait durant cette période qui était beaucoup plus calme puisque personne n’était encore réveillé, donc toutes les activités qui nécessitaient des efforts d’analyse étaient faites durant cette période de temps, et il comblait la somnolence et la fatigue par de la sieste. Donc cela peut être une stratégie pour ne plus subir, par exemple, des réveils précoces.
Le chef d’entreprise doit gérer beaucoup de choses, en PME où il y a beaucoup de relations avec ses employés, ses rôles sont multiples, il doit penser à longueur de journée et la difficulté finalement c’est de ne pas ramener toutes ces pensées, toutes ces réflexions professionnelles à la maison. L’objectif finalement est de laisser sur le paillasson, de laisser à l’entrée de la maison toutes ces problématiques professionnelles et, quand on va finalement entrer dans le sommeil, essayer de se trouver un sas de décompression, un moment de relaxation d'une dizaine de minutes, cela peut être n’importe quoi, ça peut être la lecture, ça peut être de penser à ses prochaines vacances. Tout un ensemble de choses pour finalement s’évader et se libérer l’esprit et empêcher toutes les pensées professionnelles de venir perturber le sommeil, donc un petit sas de décompression.
3-3 Quantité du sommeil
Le problème de la quantité de sommeil est partout, dans toutes les cultures modernes, c’est vraiment le mal du siècle, on perd de plus en plus d’heures de sommeil en fonction des années qui passent. Le Japon subit cette problématique là plus que les autres peut-être, il faut savoir que la durée idéale du sommeil c’est celle qui permet de se sentir reposé et d’occuper sa journée sans ressentir la pression du sommeil. Souvent quand on parle du sommeil, on oublie qu’on a des horloges biologiques, il y a ceux qu’on
appelle des petits dormeurs et ceux qu’on appelle des grands dormeurs. Les petits dormeurs auront besoin de 6 heures ou moins et se sentiront en bonne forme, pas besoin de dormir plus. Les gros dormeurs, et c’est eux généralement qui rencontrent les plus grandes difficultés, ont besoin de 8 heures voire plus. Alors l’Organisation Mondiale de la Santé préconise de dormir entre 7 et 8 heures, notamment quand il y a besoin de prendre des décisions, d’apprendre de nouvelles choses, dormir un peu plus permet finalement de stocker l’apprentissage. Mais il faut aussi savoir se connaître et respecter ses propres rythmes biologiques et donc, c’est pour ça que ça diffère d’une personne à l’autre. Les Japonais dorment moins que les Français, les dirigeants de PME que ce soit en France ou au Japon dorment moins que la population générale et, les dirigeants Japonais dorment moins que les dirigeants Français. Alors il y a une vraie problématique de la quantité de sommeil qui finalement se traduit par un état de somnolence, on va avoir tendance à s’assoupir, à s’endormir durant la journée. Au Japon il y a une technique très particulière qui est propre au peuple nippon, inemuri. C’est l’art finalement de s’assoupir tout en restant vigilant. C’est quelque chose qui est exceptionnel, qu’on voit souvent dans les métros où l’individu va s’endormir et dès qu’il va arriver à son arrêt, se réveiller immédiatement presque de manière automatique pour continuer sa journée. Et ces micro-moments de repos vont lui permettre de continuer sa journée et de gérer cet état de somnolence pour continuer à performer.
Généralement, ce que les spécialistes du sommeil préconisent, pour les dirigeants français, c’est de faire la sieste. La vision de la sieste n’est pas la même d’un pays à l’autre, c’est certain, pratiquer la sieste n’est pas forcément facile pour un dirigeant de PME, pour tout un ensemble de raisons, l’idéologie du leadership peut peut-être suggérer que le dirigeant n’a pas envie que ses collaborateurs, que ses employés le voient en train de dormir durant la journée de travail, donc il y a tout un ensemble de raisons qui font que la sieste n’est pas facilement pratiquée, pourtant c’est un bon moyen, un moyen très utile de gérer son sommeil. Or il y a différents types de siestes, il ne s’agit pas de dormir 1 heure et demie pendant le travail, il y a ce qu’on appelle la micro-sieste quiest finalement une technique assez utile pour les chefs d’entreprise, il s’agit alors de dormir moins de 10 minutes donc ce peut être 7, 5 minutes, moins de 10 minutes, on va se relaxer, commencer du haut vers le bas, cela peut être sur une chaise, et l’idée en fait c’est de se relaxer, de se reposer, ça peut être accompagné ou non de sommeil, et de relâcher un peu la pression. Et quand on prend l’habitude, parce que tout est une question de régularité, on peut le faire de manière automatique et de plus en plus facilement, et cette micro-sieste, au début, beaucoup de dirigeants étaient sceptiques, refusaient l’idée de la micro-sieste et pour ceux qui ont essayé, les études convergent vers ce résultat montrant que finalement pour 10 minutes de micro-sieste, il y a des gains de 20 % en capacité cognitive et attentionnelle. Donc quand vous dormez une dizaine de minutes, quand vous vous reposez pendant une dizaine de minutes, ce qui est facilement trouvable, dans un agenda, et bien vous récupérez 20 % de vos capacités cognitives et attentionnelles. C’est un bon investissement pour un chef d’entreprise. Ensuite il y a la sieste un peu plus longue, qui dure en moyenne entre 15 et 20 minutes, l’idée c’est de trouver un lieu un peu isolé avec une lumière, on ne coupe pas la lumière, parce que l’idée n’est pas de faire penser au corps qu’on est durant la nuit, la lumière doit être simplement tamisée, un peu baissée, on ne reste pas dans le noir, juste
on réduit la lumière, la luminosité et là on se repose, on s’aère l’esprit, on fait des exercices de respiration et ensuite on reprend le travail pour améliorer sa performance. Beaucoup de dirigeants ont tendance à réduire leur sommeil pour être performant. Le sommeil est une vraie ressource à la disposition du dirigeant pour finalement travailler et garder sa performance tout au long de la journée.
Et enfin il y a le somme un peu plus royal, c’est-à-dire de dormir plus mais durant le week-end. Donc là on est sur 90 minutes de sommeil, l’idée souvent, même si c’est utilisé à tort, et même si ça crée des problèmes de santé par la suite, c’est de réduire la dette de sommeil, parce qu’on va accumuler de la dette de sommeil durant la semaine, pas facilement récupérable parce qu’on a plein de choses à faire, on a les activités professionnelles, ensuite on a la vie privée qui suit, donc la dette de sommeil va s’accumuler et l’idée finalement de cette sieste du week-end, c’est de réduire un peu cette dette de sommeil pour rester en bonne santé et être performant dans la durée, dans la pérennité. La sieste peut être un bon moyen finalement de réduire la pression du sommeil et d’augmenter la quantité de sommeil dont on a besoin pour rester performant.
3-4 Somnolence
Souvent les dirigeants vont percevoir le sommeil comme une variable d’ajustement. Donc finalement réduire son sommeil n’est pas une bonne stratégie de long terme, déjà à moyen terme, vous allez ressentir des effets sur de la somnolence, puis de la fatigue sachant qu’il est plus difficile de récupérer de la fatigue que de la somnolence. Pourquoi, parce qu’avec la fatigue il faut se régénérer, ça demande du repos et de l’arrêt. Donc, penser que le sommeil est une variable d’ajustement n’est pas forcément une bonne stratégie à la fois physiologique mais aussi entrepreneuriale. Pourquoi, parce que l’étude que nous avons menée montre que, quand on réduit son sommeil on va créer de la somnolence, et que cette somnolence, et plus fortement la fatigue, va réduire vos capacités à détecter des opportunités d’affaires. Donc, vous pensez être plus performant en vous privant de sommeil, en fait c’est l’effet inverse, en dormant moins vous êtes moins capable de détecter des opportunités d’affaires rentables. Vous allez avoir des idées, c’est certain, mais pas forcément les meilleures idées et donc finalement le sommeil est une ressource-clé et le mot de conclusion serait : « Dormez plus, pour travailler mieux ! »
3-5 Synthèse sur le sommeil
Un sommeil de mauvaise qualité se répercute sur la bonne forme durant la journée et se traduit par des difficultés à demeurer éveillé et un manque d’enthousiasme pour faire ce que vous avez à faire. Chez les dirigeants, la composante clé à surveiller est la durée de sommeil, source de somnolence. La prochaine étape sera alors de mesurer le niveau de somnolence des dirigeants et de comparer l’influence des pratiques de gestion du sommeil françaises et japonaises sur cette durée.
3-6 Conseils du point de vue d’un psychiatre
Récit du professeur Hiroki Ogyu, psychiatre.C’est vrai que je reçois de nombreux dirigeants propriétaires d’entreprise. Le facteur le plus courant auquel je suis généralement confronté c’est bien entendu les troubles du sommeil. J’interroge invariablement mes patients sur leurs habitudes de vie, et très souvent ils m’avouent ne dormir que 4 heures par nuit sur une période prolongée. Ce que je conseille comme traitement dans ce cas, c’est tout d’abord d’essayer, pour une période de deux semaines, de s’assurer 7 heures de sommeil par nuit. Et c’est souvent suffisant pour qu’ils aillent mieux. Quand on ne dort que 4 heures par nuit sur une période prolongée, on n’a pas le moral, on est facilement irrité, on envisage tout de manière négative. Alors que si l’on prend soin de dormir convenablement, ces idées négatives disparaissent complètement. Ce simple changement s’avère souvent un remède relativement efficace. C’est vous dire à quel point le sommeil est important.
Premièrement, les dirigeants d’entreprise ont constamment envie d’entreprendre de nouvelles choses, des choses/idées leurs viennent à l’esprit les unes après les autres, travailler devient alors pour eux un véritable plaisir. On a évoqué la satisfaction professionnelle tout à l’heure, et dans ce cas beaucoup d’entre eux vont se sentir satisfaits, à disons 120 %. Dit comme cela, ça peut sembler une bonne chose, mais il ne faut pas oublier qu’ils sécrètent alors de la dopamine. Et ce n’est pas un bon signe, car en secrétant continuellement de la dopamine, ils vont alors être à la recherche d’une stimulation de plus en plus forte, développant ainsi une certaine dépendance. C’est ce qu’on appelle des bourreaux de travail. C’est pour cela qu’à mon avis il faut freiner cette tendance à un moment ou un autre.
La deuxième chose, ce sont les personnes qui n’arrivent pas à dormir à cause de leurs soucis. À mon avis, de nombreuses personnes ressassent sans cesse leurs inquiétudes une fois au lit. Au cours de votre présentation, madame Guiliani vous avez soulevé deux points intéressants à ce sujet. Le premier, laisser ses problèmes professionnels de côté. Par exemple, prendre l’habitude de ne plus penser au travail une fois franchi le seuil de la porte de la chambre. Et pour ceux qui continueraient malgré tout d’y penser, il faut alors bloquer ses pensées en disant stop. Voilà la méthode stop next, bien efficace.
3-7 Témoinage d’une dirigeante de PME
Récit de Tomoko Tanabe, PDG de RMI (Risk Management Institute).
Ce qui a le plus changé à mon avis fut mon temps de sommeil. À l’époque je ne dormais que 3 heures par nuit, sans pour autant avoir envie de dormir. J’avais constamment plein de choses à l’esprit, et me retrouvais dans un état d’excitation permanente qui m’empêchait de dormir. Jusqu’alors, quand je prenais le train, 2 secondes après m’être assise je dormais comme une morte. Mais à présent, même dans le train je ne pouvais pas m’endormir, et ne sachant pas quoi faire, j’en profitais pour lire un livre ou vérifier mes messages sur mon portable, ce qui excitait de plus en plus mon esprit, et m’empêchait finalement de dormir. Même en me couchant tôt, après approximativement 3 heures de sommeil, je me réveillais soudainement. Et je
réfléchissais alors à ce que j’avais à faire, renforçant davantage cet état d’excitation. C’est ainsi que récemment, j’ai enfin pris conscience que me reposer convenablement est nécessaire non seulement pour la gestion de ma santé, mais aussi pour mon travail. J’ai pour habitude d’organiser mon travail avec des to do list à effectuer, et en réfléchissant à comment pallier à cette situation, j’ai pris la décision de faire une liste pour organiser mes repos. Et en m’efforçant de ne pas juste ajouter cela en bas de liste, mais d’y accorder une place d’importance en haut de liste, je m’octroie des congés, et arrive enfin depuis peu à prendre en main la gestion de ma santé.
Nous les dirigeants d’entreprise, nous jouissons d’un fort sentiment de satisfaction, d’une grande liberté d’action, et il y a tellement de choses qu'on veut faire, que finalement on oublie de se reposer. Ce n’est pas que l’on travaille en se plaignant de ne pas avoir de congés, mais lorsqu’on fait le point, on remarque alors qu'on n’a pas pris de repos. J’avais bien conscience que ce n’était pas une bonne chose, et d’ailleurs, lorsque j’étais salariée, je comptais les jours jusqu’à mon prochain jour de repos, et me réjouissais quand le vendredi arrivait.
Si encore cette situation ne concernait que moi alors je pourrais me le permettre, mais il y a les employés de mon entreprise, leurs familles, les clients, et ils attendent de moi que j’assume le rôle de leur leader. Je dois alors être responsable de ma propre santé, prendre en compte l’avenir, et considérer que dormir aussi fait partie de mon travail. Il faut que je garde à l’esprit que me reposer aussi c’est du travail. Je pense qu’il faudrait à partir de maintenant gérer de la sorte ma propre santé, mon entreprise, ainsi que les entreprises de mes clients.
De ce que j’entends autour de moi, je dirais qu’il y a deux cas de figure. D’une part les personnes qui veulent entreprendre de nouvelles choses, et qui sont excitées du fait de leur enthousiasme permanent. Et d’autre part, ceux qui sont confrontés à des problèmes au sein de leur PME, de trésorerie par exemple, ou ce que j’entends souvent récemment, des problèmes avec leurs employés. Ils font face non seulement à des différences générationnelles, mais aussi des problèmes de différences culturelles, étant donné qu’ils accueillent aussi des salariés venus de pays étrangers. Ils ne savent pas trop comment gérer et s’adapter à ces situations. Sans oublier ces nouveaux employés qui arrivent très enthousiastes pour travailler, et qui quittent l’entreprise après ne serait-ce qu’un mois. Quand de tels événements se répètent, ces dirigeants vont alors se demander ce qui cloche avec leur entreprise. Voilà ce qu’il en est pour ceux qui vivent la chose de façon négative. En ce qui me concerne, j’ai pour habitude de régler mon réveil pour qu’il me prévienne qu’il est l’heure d’aller au lit. Je mets bien sûr mon réveil pour me réveiller le matin, mais aussi pour m’avertir qu’il est l’heure d’aller me coucher.
Conclusion -Déclaration AMAROK Tokyo Osaka 2018 -
Faisons pencher la balance de la santé des dirigeants de PME du bon côté ; N’oublions pas également que la gestion de la santé du dirigeant est évidemment essentielle dans la gestion des risques de la stratégie d’entreprise. D’abord, ce qu’il vous faut retenir, vous les dirigeants de PME, c’est que premièrement votre santé est également la santé de votre entreprise. Deuxièmement, le plus grand capital d’une PME c’est la santé de tous ses employés, y compris la vôtre, c’est pourquoi il faut vous
intéresser aux moyens d’entretenir cette santé. Troisièmement le management de la santé et de la productivité commence par la santé du dirigeant. C’est à vous de prendre des initiatives sur le plan de la santé, pour montrer l’exemple. Marchez, faites de l’exercice avec modération, mangez équilibré, dormez suffisamment. Et n’assumez pas toutes les responsabilités, sachez déléguer si c’est possible. On a tendance à l’oublier, mais effectuez aussi des visites médicales régulières. Ayez des méthodes pour vous relaxer et décompresser. Et surtout le sourire! Evidemment la situation actuelle pour les dirigeants de PME n’est pas toujours simple. Notamment parce que les politiques adoptées sont souvent en faveur des grandes entreprises. Mais, ce qui soutient majoritairement notre société ce sont les PME. C’est pourquoi il faut que notre société apporte son soutien, et s’intéresse à la santé de ses dirigeants de PME. Enfin le dynamisme de nos PME et de leurs dirigeants est en corrélation avec le dynamisme de notre société.
*Référence : Olivier Torrès (sous la direction de), La santé du dirigeant, 2e édition, deboeck,
2017.
**Ce document est basée sur le Symposium intitulé « la Gestion de la santé des dirigeants de PME – étude commune franco-japonaise - » organisé par le groupe Nikkei et la Fondation Anshin Zaidan avec le parrainage de l’Ambassade de France au Japon et avec la coopération de l’Université pour femmes de Otsuma pour célébrer le 160e anniversaire des relations
franco-japonaises, dans le Hall Herbis à Osaka le 16 novembre 2018.
***Les résultats sont issus de l’enquête avec questionnaires 1, 2 et 3 de AMAROK Keieisha Kenko Anshin Action.
****Les auteurs remercient Tomoko Tanabe (PDG, Risk Management Institute), l’Université pour femmes de Otsuma, la Fondation Anshin Zaidan, le Groupe Nikkei et l’Ambassade de France au Japon.